Agnès Pannier-Runacher,
Ministère auprès du ministre de l’économie, des finances et de la relance, chargé de l’industrie •
15 févr. 2022Les services du gouvernement sont mobilisés et suivent de près ce projet de restructuration afin de limiter autant que possible ses impacts en matière d'emploi et de souveraineté industrielle. Les salariés de Bio-Rad devraient en particulier être repris par MGA Technologies. L'État soutient cette entreprise pour lui permettre de mener à bien ses ambitions en matière de réindustrialisation. Elle a notamment bénéficié du fonds de soutien à l'investissement industriel dans les territoires fin 2020 afin de l'accompagner dans sa croissance. En particulier, son projet d'usine 4.0 est étudié par mes services avec la plus grande attention dans le cadre du projet important d'intérêt européen commun dans le domaine de la santé, qui pourrait permettre de placer la France à la pointe de la révolution de la bio-production. Dans le cadre de cette reprise, l'État encourage aussi l'entreprise Stilla Technologies à travailler avec MGA Technologies afin d'assurer la pérennité des emplois sur le territoire. Dans un contexte de difficultés de recrutement rencontrées par toutes les entreprises et de besoins importants en ressources humaines pour se développer, cette reprise représente une opportunité intéressante pour toutes les parties prenantes. Enfin, les activités conduites par Bio-Rad les plus critiques pour notre souveraineté sont amenées à rester durablement implantées en France. La France conservera sur les produits d'instrumentation spécifiques pour le traitement du diabète et l'immunohématologie un certain nombre d'acteurs leaders disposant de capacités de production significatives, notamment la société française DIAGAST, filiale du groupe EFS, basée à Loos. La crise sanitaire a en effet eclairé d'une lumière particulièrement crue nos vulnérabilités. Elle a mis à jour notre dépendance à l'étanger, notamment en matière de principes actifs. La France, comme l'ensemble de ses voisins européens, a souffert de l'éloignement des sites de productions. Je rappelle qu'entre 2005 et 2015 la part de marché de la France en production de produits de santé a été divisée par deux, nous sommes passés de la première place de producteur européen en matière pharmaceutique à la quatrième place européenne. Ce déclassement est le résultat de 30 ans de gestion comptable du médicament et de capitulation industrielle. Depuis 2017, nous avons opéré un changement complet de l'approche qui avait été employée lors de la décénnie précédente, je ne citerai qu'un seul exemple : la solution apportée aux PME, ETI et aux grands groupes des industries de santé pour lutter contre la Covid-19 et reclasser en france les principes actifs stratégiques et des produits critiques de santé. Près de 700 millions d'euros de soutien public ont été apportés à 166 projets qui créeront 6 000 emplois, je pense au projet de relocalisation du paracétamol de Sequens, aux producteurs de vaccins contre la covid 19 comme Delpharm ou Recipharm, aux projets de haupt pharma sur les corticoïdes ou le curare. Les industriels voient de nouveau la France comme un pays ou s'implanter et ou créer des emplois. J'en veux pour preuve le projet annoncé par Pfizer à hauteur de 520 millions d'euros pour produire en France leur anti-viral contre la Covid-19, Paxlovid.