Jean-Yves Le Drian,
Ministère de l’Europe et des affaires étrangères •
3 août 2021L'assassinat tragique d'employés de l'ONG Acted, survenu au Niger en août dernier, illustre l'insécurité grandissante à laquelle les travailleurs humanitaires font face : le dernier rapport de "Aid Worker Security Database" établit qu'en 2019, 483 humanitaires ont été victimes de 277 attaques qui ont causé 125 morts, 234 blessés et 124 enlèvements. Parmi ces victimes, près de 90 % sont des salariés nationaux. La protection des personnels humanitaires est une priorité pour la France. Le Président de la République l'a rappelé lors de son discours à l'Assemblée générale des Nations unies en rappelant la nécessité de préserver "le patrimoine commun" que constitue l'espace humanitaire. Dans cette perspective, le Président de la République a pris des engagements forts lors de la Conférence nationale humanitaire de décembre 2020 en faveur de la préservation de l'espace humanitaire, de la protection des personnels humanitaires et de la lutte contre l'impunité. Un travail interministériel d'ampleur a été mené afin d'apporter des réponses concrètes aux difficultés et aux obstacles rencontrés par les travailleurs humanitaires. Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a présidé ainsi, le 16 juillet 2021, au Conseil de Sécurité des Nations unies, une réunion qui a permis d'identifier les bonnes pratiques pour la préservation de l'espace humanitaire et de donner un nouvel élan à la nécessaire lutte contre l'impunité des auteurs d'attaques contre les travailleurs humanitaires. La France portera également ce sujet dans le cadre de sa présidence du Conseil de l'Union européenne, au premier semestre 2022. Cette échéance s'inscrit dans la continuité de l'Appel à l'action humanitaire, lancé par la France et l'Allemagne en septembre 2019 dans le cadre de l'Alliance pour le multilatéralisme. Par ailleurs, le ministère de l'Europe et des affaires étrangères entretient un dialogue régulier avec les acteurs humanitaires, notamment les ONG.