Barbara Pompili,
Ministère de la transition écologique •
1 févr. 2022Compte tenu de sa faune et de sa flore exceptionnellement riches et distinctes, Socotra revêt une importance mondiale pour la conservation de la biodiversité. 37 % des espèces de plantes, 90 % des espèces de reptiles et 95 % des espèces d'escargots terrestres n'existent nulle part ailleurs. En ce qui concerne les oiseaux, le site héberge des populations importantes au plan mondial (192 espèces dont 44 se reproduisent dans les îles et 85 sont des migrateurs réguliers) dont quelques espèces menacées. La vie marine de Socotra est aussi très diverse, avec 253 espèces de coraux bâtisseurs de récifs, 730 espèces de poissons côtiers et 300 espèces de crabes, homards et crevettes. Pour ces raisons, l'Archipel de Socotra a été inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2008. La France est partie prenante à la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel (World Heritage Convention ou WHC) de 1972. Dans ce cadre, elle soutient en particulier les sites marins inscrits au patrimoine mondial, comme le site de l'Archipel de Socotra, par le biais d'un partenariat entre l'Office français de la biodiversité et le Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO. Etabli depuis 2010, ce partenariat vise notamment à fédérer, renforcer et consolider le réseau des gestionnaires de sites marins du patrimoine mondial afin d'échanger sur des solutions de résilience et d'adaptation au changement climatique en lien avec les enjeux de gestion des aires marines protégées. Il apporte conseil et expertise techniques aux États parties à la WHC pour la protection de la valeur universelle exceptionnelle des sites marins du patrimoine mondial. Ainsi, le gestionnaire du site de l'Archipel de Socotra peut bénéficier de la mise en réseau et des échanges techniques dans la résolution des principaux défis de conservation. Actuellement, compte tenu de la situation de conflit dans laquelle se trouve le Yémen, et en particulier l'archipel de Socotra, les leviers d'action des institutions françaises sont limités car les séjours de ressortissants français sont actuellement à proscrire, y compris sur les îles (dont Socotra) ou le long des côtes, en raison du risque d'enlèvement et d'actes de piraterie maritime. Lorsque les conditions politiques et sécuritaires seront réunies, une mission de repérage de l'Office français de la biodiversité pourrait notamment être envisagée pour évaluer les besoins afin de réactiver ces outils.