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🧭Gouvernement Castex
Jean Castex
, Premier ministre
Jean-Yves Le Drian
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Barbara Pompili
, Ministère de la transition écologique
Jean-Michel Blanquer
, Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports
Bruno Le Maire
, Ministère de l’économie, des finances et de la relance
Florence Parly
, Ministère des armées
Gérald Darmanin
, Ministère de l’intérieur
Élisabeth Borne
, Ministère du travail, de l’emploi et de l’insertion
Sébastien Lecornu
, Ministère des outre-mer
Jacqueline Gourault
, Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales
Éric Dupond-Moretti
, Ministère de la justice
Roselyne Bachelot
, Ministère de la culture
Olivier Véran
, Ministère des solidarités et de la santé
Annick Girardin
, Ministère de la mer
Frédérique Vidal
, Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation

Amélie de Montchalin
, Ministère de la transformation et de la fonction publiques
Joël Giraud
, Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales
Forêts du Grand Est bois et forêts
Avec
Julien Denormandie
, Ministère de l’agriculture et de l’alimentation16 juin 2021

FORÊTS DU GRAND EST


M. le président. La parole est à M. Sylvain Templier, pour exposer sa question, n°  1441, relative aux forêts du Grand Est.

M. Sylvain Templier. Monsieur le ministre de l'agriculture et de l'alimentation, en stockant du carbone, en préservant nos ressources en eau, en protégeant la biodiversité, les forêts démontrent qu'elles sont un allié plus qu'essentiel pour lutter contre le dérèglement climatique, alors qu'elles en sont pourtant largement victimes.

Depuis plusieurs années, les forêts du Grand Est font face à de nombreux agresseurs. En l'espace de trois ans, le scolyte a presque détruit les massifs entourant Verdun, notamment les forêts d'épicéas. Les forêts de Haute-Marne, département où je suis élu, ne sont pas épargnées. L'été dernier, plusieurs hectares d'arbres morts y ont été abattus pour enrayer la prolifération de l'insecte.

Quant aux frênes, ils sont décimés par la chalarose, champignon ravageur venu d'Asie. En 2019, un tiers des frênes du massif de Trois-Fontaines en étaient porteurs. Certains scientifiques estiment que la maladie progresse à une vitesse de soixante kilomètres par an. À cela s'ajoutent aussi la prolifération des chenilles processionnaires sur les chênes ou encore les phénomènes de sécheresse qui se manifestent dans des périodes cruciales pour le développement des arbres. Ces situations dégradent la faune et la flore ainsi que les économies locales.

Le plan de relance a prévu 200 millions d'euros pour le renouvellement forestier et apporte un soutien important au secteur. Il nous faut reboiser, diversifier les essences, en ajouter de plus résistantes, renouveler les parcelles, mais aussi et surtout, protéger ce qui peut encore l'être.

Alors que l'Assemblée nationale vient d'adopter le projet de loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, comment et avec quels moyens de long terme le Gouvernement entend-il renforcer de manière opérationnelle les capacités de résilience des forêts de l'Est face aux effets du dérèglement climatique ?

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation.

M. Julien Denormandie, ministre de l'agriculture et de l'alimentation. Merci, monsieur le député, de mettre l'accent sur l'apport sociétal, environnemental et économique de nos belles forêts françaises, mais aussi sur les nombreux défis qu'elles doivent relever en cette période, liés pour la plupart au réchauffement climatique – la prolifération du scolyte, en particulier, est imputable à ce phénomène qui favorise le développement de parasites.

Trois réponses au moins peuvent être apportées.

Pour faire face à la prolifération de scolytes, très visible dans la région Grand Est, j'ai décidé à la fin de l'an dernier de reconduire en 2021 les dispositifs mis en place par mon prédécesseur, Didier Guillaume. J'ai ainsi alloué des budgets supplémentaires pour permettre l'évacuation du bois et la reconstitution du massif.

S'ils sont nécessaires, ces dispositifs ne sont pas suffisants : il faut passer une deuxième étape, celle du reboisement de nos massifs. Sur les 200 millions d'euros du plan de relance destinés au renouvellement forestier, 150 millions d'euros sont consacrés au reboisement, dont 95 millions d'euros ont d'ores et déjà été attribués. Nous avançons donc rapidement dans ce domaine.

En troisième lieu, il s'agit d'anticiper les effets du changement climatique et d'y adapter nos forêts, un exercice ô combien compliqué. Nous disposons pour ce faire de l'expertise de l'Office national des forêts (ONF), dont je salue le travail remarquable, des communes forestières, des propriétaires privés et des acteurs de l'ensemble de la filière bois. Alors qu'il est déjà difficile de penser le temps long, pour la gestion d'un massif forestier il faut penser le temps très long.

Dans le cadre du plan de reboisement, nous devons notamment nous poser la question suivante : quelle espèce d'arbre faut-il replanter, sachant que les hêtres de Lyons-la-Forêt, par exemple, sont soumis aux effets du changement climatique ? Vous avez parlé des frênes et des résineux. Comment adapter nos pratiques sylvicoles pour rendre nos forêts plus résilientes ? La réponse passe par le choix des espèces, la diversité au sein d'un massif forestier, la recherche sur les variétés.

Pour résumer, nous devons affronter les crises sanitaires de manière conjoncturelle, et, à plus long terme, reboiser dans le cadre du plan de relance en faisant évoluer les pratiques sylvicoles grâce à cette merveilleuse expertise dont nous disposons en France.

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