🤔Désertification vétérinaire en zone ruraleMme Fabienne Colboc appelle l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation sur la problématique de désertification vétérinaire en zone rurale. Mme la députée a rencontré récemment des éleveurs qui s'inquiètent vivement du départ à la retraite de la seule vétérinaire qui intervienne auprès des animaux d'élevage dans cette zone du territoire. Après 40 années de travail, cette dernière aspire à une retraite bien méritée mais ne trouve pas de successeur malgré les nombreuses annonces passées. Ce cas n'est pas isolé. Au niveau national, si globalement le nombre de vétérinaires inscrits au tableau de l'Ordre des vétérinaires est en croissance de 7,6 % sur 5 ans, le nombre de vétérinaire exerçant auprès des animaux d'élevage est en chute significative de 18,5 %. Les vétérinaires « ruraux » revendiquant une compétence auprès des animaux d'élevage ne représentent plus que 18 % des praticiens inscrits au tableau de l'ordre. En Indre-et-Loire, sur 46 établissements de soins vétérinaires, seuls 6 interviennent en milieu agricole. Il est urgent d'agir. Cette fragilisation croissante du maillage vétérinaire en zone rurale pose de réelles questions pour la protection de la santé animale, la préservation du bien-être des animaux d'élevage et plus globalement en terme de santé publique. Il est vrai que la pratique vétérinaire en zone rurale implique des conditions de travail qui peuvent freiner les jeunes vétérinaires à s'installer ou à reprendre une clientèle. Les distances à parcourir peuvent être importantes entre deux élevages, notamment en Touraine qui est une région intermédiaire où les élevages ne sont pas assez nombreux. Ces temps de transport impliquent également une moindre rentabilité économique comparé à une pratique en ville. Cette évolution s'explique également par un changement de mentalité chez les jeunes vétérinaires qui n'ont pas les mêmes envies, ni les mêmes aspirations professionnelles que leurs aînés. Toutefois, la présence de vétérinaires dans les territoires ruraux est indispensable pour les éleveurs. Afin d'inciter les vétérinaires à s'installer dans les zones à risque de désertification vétérinaire, on a adopté dans la loi DADDUE un dispositif d'aide à l'installation pour les vétérinaires et étudiants vétérinaires. Il doit permettre aux collectivités de leur fournir une aide financière à l'installation. Mme la députée sollicite auprès de M. le ministre un premier bilan de la mise en place de ce dispositif d'aide à l'installation. Plus globalement, elle aimerait savoir quelles solutions le Gouvernement envisage pour attirer les vétérinaires en zones rurales et ainsi assurer une continuité des soins pour les animaux d'élevage sur tous les territoires.