FORMATION PROFESSIONNELLE
M. le président. La parole est à Mme Danielle Brulebois, pour exposer sa question, n° 1649, relative à la formation professionnelle.
Mme Danielle Brulebois. Ma question, adressée à Mme la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, concerne l'articulation public-privé au sein de l'offre de formation professionnelle.
Les industriels jurassiens me font part depuis des années de leurs difficultés à recruter : les offres d'emploi sont rarement pourvues, alors que les carnets de commande débordent et que les entreprises d'insertion que vous nous avez fait l'honneur de venir visiter, madame la ministre déléguée, redoublent d'efforts. Grâce au plan de relance, la croissance est là ; en outre, les entreprises ont investi dans des chaînes de production. L'offre de formation doit donc se développer dans les métiers de la mécanique productique et de l'usinage : tourneur, fraiseur, rectifieur, monteur, ajusteur-régleur, opérateur.
Face à ce manque, des initiatives privées émergent pour former en interne : SKF, leader mondial du roulement mécanique dans l'aéronautique, basé à Lons-le-Saunier, a créé Jura Innov campus afin de former aux métiers de demain et aux métiers pour lesquels il n'existait jusque-là aucune formation, comme celui de rectifieur. Les lycées professionnels de la région et le centre de formation d'apprentis de l'industrie (CFAI) de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), situé à Gevingey, préparent également les jeunes aux métiers de l'industrie : reconnus pour la qualité de leurs formations, ils ont eux-mêmes un projet de campus – un grand pôle de formation industrielle.
Le plan France relance, engagé par le Gouvernement, affecte des sommes importantes au développement des compétences ; le plan de modernisation de la formation professionnelle prévoit un label de qualité, des projets pédagogiques innovants, des formations pilotes. Par conséquent, madame la ministre déléguée, ma question est la suivante : comment entendez-vous financer les différents projets jurassiens et les articuler afin d'éviter qu'ils ne se fassent concurrence ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l'insertion.
Mme Brigitte Klinkert, ministre déléguée chargée de l'insertion. La formation professionnelle des actifs, jeunes ou moins jeunes, constitue un enjeu majeur, qui a fortement mobilisé le Gouvernement depuis le début du quinquennat. Vous avez raison de laisser entendre qu'elle doit reposer sur une bonne articulation entre acteurs publics et privés, afin de couvrir tous les besoins : c'est pourquoi la loi du 5 septembre 2018 a profondément réformé la formation professionnelle et l'apprentissage. Nous avons libéré l'offre de formation par apprentissage pour que de nouveaux centres de formation d'apprentis (CFA) puissent se créer dans les territoires pour répondre aux nombreux besoins des entreprises. C'est une réussite, car le nombre d'apprentis a largement plus que doublé par rapport à 2017. Nous avons rendu le droit individuel à la formation plus accessible, grâce au compte personnel de formation (CPF) et à l'application correspondante : là encore, les Français se sont massivement emparés de ces possibilités. Nous avons donné aux entreprises de moins de cinquante salariés les moyens d'être accompagnées et de financer les plans de développement des compétences.
Quant à la formation des demandeurs d'emploi, nous avons investi comme cela ne s'était jamais fait : le plan d'investissement dans les compétences, représentant 15 milliards d'euros, a été décliné dans toutes les régions. Je rappelle à ce propos que la coordination des politiques de formation est assurée par les comités régionaux de l'emploi, de la formation et de l'orientation professionnelles (CREFOP), où sont représentées toutes les parties prenantes. Afin de remédier aux difficultés conjoncturelles, l'État a mobilisé les dispositifs prévus en faveur des salariés, des demandeurs d'emploi, annonçant à l'automne dernier 1,4 milliard d'euros supplémentaire pour former dans les secteurs où le recrutement est sous tension.
Enfin, concernant le Jura, votre territoire, madame la députée, où j'ai en effet déjà eu le bonheur de me rendre, je reste à votre entière disposition.