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🧭Gouvernement Castex

















le président

La parole est à M. Maxime Minot.
Maxime Minot

Plus que jamais, lorsqu'on se rend à un spectacle, on accomplit un acte de résistance contre le virus, alors que les métiers qui font vivre la culture – régisseurs, administrateurs, prestataires événementiels, acteurs et bien d'autres encore – sont à bout de souffle. Au total, plus de 350 000 personnes paient la facture des incohérences gouvernementales.

Car comment comprendre qu'il soit plus dangereux de se rendre dans une salle de spectacle qui applique des règles sanitaires strictes que d'être entassé deux fois par jour dans les transports en commun ? Comment comprendre que les organisateurs soient tenus pour seuls responsables là où la position gouvernementale a fait l'objet de tant de revirements successifs et alors que certains ministres rejettent toute responsabilité ? Comment comprendre qu'il soit plus facile d'interdire que de contrôler et de sanctionner ? Ces incompréhensions suscitent une frustration et une colère bien légitimes qui ne se limitent pas d'ailleurs au seul monde du spectacle mais s'étendent aussi aux professionnels des salles de sport, des bars et des établissements de nuit – qui ont d'ailleurs manifesté devant l'Assemblée.
Fabien Di Filippo

Il a raison !
Maxime Minot

Vous me répondrez que des mesures ont été prises et que le plan de relance les renforce. Mais c'est ignorer la réalité que vivent les acteurs de terrain. Si vous les consultez, elle vous saute aux yeux et leur désespoir vous prend à la gorge. Car la réalité est que les aides parviennent à peine à couvrir les charges mensuelles. Que reste-t-il pour vivre ? La réalité est que les cotisations ne sont pas annulées mais simplement reportées. Que faire dans un an puisque l'activité perdue ne sera jamais recréée ? La réalité est que ces professions, ces emplois sont en train de s'éteindre.
Maxime Minot

Ces talents sont pourtant une chance pour notre pays. Ils sont les représentants d'une culture partout enviée qui rayonnait hier dans le monde et qui demain ne sera plus qu'un souvenir faute d'un soutien à long terme à la hauteur des enjeux. Monsieur le Premier ministre, écoutez-les, entendez-les.
le président

La parole est à Mme la ministre de la culture.
Roselyne Bachelot,
ministre de la culture.
Monsieur Minot, vous avez raison d'insister sur le rôle fondamental de la culture et sur le fait que ce secteur, l'un des plus importants pour notre pays, avec 650 000 emplois et 80 000 entreprises, a été gravement touché. Le Gouvernement s'est pleinement mobilisé pour le soutenir, à travers un budget de la culture qui augmente de 4,8 % et un plan de relance qui lui consacre 2 milliards d'euros.

Vous avez raison de préciser que le secteur de la culture s'est montré particulièrement responsable, en observant scrupuleusement les mesures sanitaires – port du masque tout au long des spectacles, respect de la distanciation physique entre les spectateurs, mise à disposition de gel hydroalcoolique –, ce qui a permis de préserver la santé à la fois des spectateurs, des acteurs et des techniciens.

Le déploiement d'urgence va se poursuivre. Nous avons ainsi dégagé un fonds de 100 millions d'euros pour soutenir la billetterie. Et, bien entendu, le projet de loi de finances et le plan de relance comportent des mesures d'urgence et des mesures de refondation. Je prendrai deux exemples : 200 millions d'euros seront consacrés au secteur de la musique et 165 millions à celui du cinéma.
Fabien Di Filippo

L'argent tombe du ciel…
Roselyne Bachelot,
ministre.
Jamais on n'a fait autant pour le secteur culturel. Je lui fais confiance. Il est indispensable pour notre pays et nous lui donnons les moyens.
le président

La parole est à M. Maxime Minot.
Maxime Minot

Je ne doute pas de vos bonnes intentions, mais elles ne suffisent plus et rien n'est pire que les espoirs déçus. Nous comptons sur le Gouvernement pour que la culture ne soit pas oubliée parce qu'elle est prise à la gorge.
🚀