Clémentine AutainBridgestone : 1,8 million de CICE – crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi – ; 863 suppressions d'emploi. General Electric : 30 millions d'euros d'aides publiques ; 1 225 suppressions de postes. Nokia : 280 millions d'euros d'aides de l'État ; 1 200 postes en moins. Sanofi : 17 millions d'euros de CICE et 125 millions de crédit d'impôt ; 1 000 emplois supprimés. Carrefour : 149 millions d'euros de CICE ; 3 000 salariés sur le carreau en 2019. Air France : 9 000 suppressions d'emploi à l'ordre du jour mais, rassurez-vous, le président directeur-général s'octroie un bonus de 800 000 euros, au titre de son excellente gestion en 2019.
Voilà à quoi servent les 90 milliards d'euros de CICE et autres aides que vous avez livrés sans rien demander en retour. Or votre plan de relance consacre encore 10 milliards d'euros aux baisses d'impôts sur la production, toujours sans contrepartie.
Pendant ce temps, une femme, mère de famille monoparentale, est en pleurs dans une permanence syndicale, et un collègue confie préparer son suicide. La peur et le pire se trament face à la vague des licenciements et la récession économique. Ces drames humains ne font que commencer.
Ma question est simple : que faites-vous ? Vos larmes de crocodiles au chevet des entreprises qui licencient n'arrivent pas à masquer l'indécence de vos choix politiques. Il faut exiger des comptes par la loi à ceux que vous arrosez de cadeaux fiscaux. Il faut contraindre, réglementer, orienter, organiser et non servir les dividendes et déposséder l'État de ses capacités d'action.
Où est la puissance publique capable de protéger les salariés, de garantir une sécurisation de leur parcours professionnel ? Où est l'État stratège capable d'enclencher la transition écologique, de prévoir, d'organiser l'économie en fonction de nos besoins véritables et non de ceux du capital ? À quand le partage des richesses et des temps de travail ? À quand le renoncement à vos contre-réformes du chômage et des retraites ?