Marie-George BuffetLe sport, comme la culture, est frappé par la pandémie ; les gymnases, comme les salles de spectacles, ont fermé leurs portes. Les conséquences sur la construction et l'épanouissement des individus, notamment des enfants et des jeunes, sont lourdes. Le Comité national olympique et sportif français – CNOSF – n'a cessé de nous alerter sur la situation, faisant état de la baisse du nombre de licenciés, qui se situe entre 20 et 30 %, voire atteint 70 % dans le sport adapté. Pour les fédérations qui dépendent des licences pour se financer, l'avenir est incertain. Il est urgent de revoir leurs conventions d'objectifs. Il en va de même pour les clubs amateurs, qui sont privés de compétition, donc d'événements, alors que 85 % d'entre eux, n'étant pas employeurs, n'ont pas accès au plan de soutien gouvernemental.
La situation du sport professionnel est incertaine, notamment pour les pratiques ne bénéficiant pas des droits de retransmission. Je pense en particulier au sport féminin, qui souffre d'une exposition moindre. L'enjeu est de taille, car moins il y aura de sport féminin visible, moins il y aura de pratique féminine.
La pratique des enfants pendant la crise passe aussi par le renforcement de l'EPS ; nous devons garantir sa place dans les formations et les examens, et donner aux professeurs les moyens d'enseigner correctement. Ce matin, le Président de la République a rencontré les acteurs et actrices du sport. La réouverture des terrains aux mineurs en décembre est une bonne nouvelle, ainsi que la réouverture progressive de la billetterie en janvier. Le mouvement sportif, dont je salue la mobilisation, place beaucoup d'espoirs dans le financement d'un pass sport dès janvier, pour inciter à la reprise de licences dans les clubs. Quelles en seront les modalités ? Il demande également une augmentation des moyens de l'Agence nationale du sport – ANS – pour les projets sportifs fédéraux. Qu'en est-il ? D'autres mesures d'aides aux clubs seront-elles prises ? Allons-nous enfin considérer le sport comme une priorité de l'action publique pour les enfants et les jeunes ? Allons-nous remettre le sport, comme la culture, au cœur du débat public, pour le bien-être de chacun et chacune ?