Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Merci pour votre question, qui me permettra de rappeler la fermeté et l'engagement de mon ministère sur ces questions. Fidèle à la position qui a toujours été la mienne, je condamne évidemment toutes ces dérives auxquelles nous assistons.
Vous avez rappelé les faits : jeudi dernier, deux professeurs ont été nommément accusés d'islamophobie par une campagne d'affichage non autorisée, accompagnée de propos accusateurs et d'appels à la démission, campagne largement diffusée, malheureusement, sur les réseaux sociaux.
Une enquête judiciaire pour injure publique et dégradation a été immédiatement ouverte auprès du procureur de la République par Sciences Po Grenoble. J'ai également saisi l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche pour établir les responsabilités de chacun et contribuer à faire revenir la sérénité, car je crois qu'il en faut beaucoup pour affronter ces faits.
Ces tentatives de pression, ces menaces, ces injures sont des faits graves qui n'ont pas leur place dans l'enseignement supérieur – je l'ai toujours dit. Je veux rappeler mon attachement sans faille à la protection de l'ensemble des enseignants-chercheurs et des personnels, mais aussi au pluralisme et aux libertés académiques, dont on voit comme elles peuvent être entravées ou fragilisées.
C'est pourquoi je condamne tous les sites et organisations politiques qui adoptent une telle attitude envers les universitaires, au prétexte qu'ils auraient signé une pétition, et que je soutiens aussi le signalement fait par le CNRS – Centre national de la recherche scientifique.