François Jolivet…votre fonction est éminente, et c'est de vous que dépendront leurs revenus de demain, donc leur avenir.
Vous devez relever trois défis : le défi global de la rémunération agricole, en explorant toutes les possibilités, le défi de l'accès à l'eau, et le défi structurel des aides européennes. Les débats tant attendus sur l'avenir de l'agriculture française et la négociation de la politique agricole commune sont désormais ouverts, et la France doit adresser à l'Union européenne, dans les prochaines semaines, son plan stratégique national.
Vous le savez, derrière le mot « agriculture » se cachent plusieurs réalités, derrière les mots « capacité agronomique des sols », plusieurs territoires, derrière les mots « filière agricole », plusieurs économies – l'agriculture de proximité, l'agriculture à vocation industrielle et celle à vocation alimentaire –, et tout cela dans autant de territoires que compte la France.
Le sujet est donc difficile, et c'est la raison pour laquelle des clivages peuvent surgir au sein même de la profession agricole, en fonction des productions, des territoires, des agricultures et des pratiques.
Je sais que vous avez beaucoup consulté et appris. Je sais aussi que votre boussole est la souveraineté alimentaire française et la défense d'un juste revenu pour les agriculteurs.
Je sais également que vous vous appropriez les neuf propositions du rapport de Serge Papin visant à pallier les manques de la loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous, dite ÉGALIM.
Néanmoins, suite à l'annonce par l'Union européenne d'un nouvel outil d'intervention baptisé « écorégime », beaucoup d'interrogations se font jour. En effet, ce mécanisme pouvant représenter 20 % à 30 % des aides directes aux exploitants serait conditionné à des actions favorables à l'environnement. Les inquiétudes sont plus grandes encore dans les zones intermédiaires : 80 députés de l'Assemblée en sont issus, qui se font le relais de ces inquiétudes – je suis l'un d'eux.
Monsieur le ministre, pouvez-vous nous parler de l'écorégime et, plus généralement, de l'avenir que vous souhaitez pour les zones intermédiaires ?