Éric CoquerelMa question s'adresse à M. le ministre Bruno Le Maire.
Français, Françaises, depuis un an, vous subissez une crise sanitaire inédite. Nous allons traverser une crise sociale d'ampleur historique, et voilà qu'on nous annonce, pour l'avenir, de la sueur et des larmes… mais pas pour tout le monde : tandis que vous étiez au chômage partiel ou en première ligne, nos milliardaires devenaient champions d'Europe, avec un gain de plus de 175 milliards d'euros en 2020 !
Même le FMI propose une taxe exceptionnelle sur les plus riches, mais, sous la présidence de Macron, pas question de toucher à leurs trésors ! Pire, on nous culpabilise de nouveau avec la dette. Qu'importe que la dette covid soit détenue par nous-mêmes, c'est-à-dire notre banque centrale et non sur les marchés, ce qui fait que sa charge est quasi nulle ; qu'importe qu'en avril 2020, un de vos prédécesseurs, Éric Woerth, se soit écrié ici même : « La dette est quasi éternelle, tout le monde sait que personne ne rembourse la dette », sans que vous n'ayez trouvé à y redire ; qu'importe que les plus réalistes des économistes libéraux vous disent que le moment est venu de s'endetter pour relancer l'activité économique et assurer la transition écologique – ce que font les États-Unis, à hauteur de 4 000 milliards de dollars. Votre aveuglement met en danger notre économie.
Français, Françaises, au prétexte de la dette, on veut faire payer la crise au monde du travail, avec une réforme des allocations chômage qui s'en prend aux chômeurs et une réforme des retraites qui s'en prend aux salariés.
Français, Françaises, au nom de la dette, on veut vous imposer une austérité XXL, pour revenir dans les clous du programme de stabilité de l'Union européenne, en allant jusqu'à inscrire cette baisse criminelle des dépenses publiques dans la Constitution.
Monsieur le ministre, le pays est cassé par ces politiques d'austérité, et vous voulez recommencer ! Nos hôpitaux manquent de personnel, de matériel, nous sommes incapables de produire un vaccin, et vous voulez recommencer ! L'État est affaibli et vous voulez recommencer ! Lâchez-nous avec la dette ! Quand allez-vous comprendre que l'austérité et la régression sociale sont deux plaies dont il faut se débarrasser ? Dans un an, nous le ferons à votre place.