M'jid El GuerrabMonsieur le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, il y a quelques minutes, nous avons appris que le colonel Assimi Goïta, vice-président du Mali, avait démis de leurs fonctions le président Bah N'Daw, ainsi que le premier ministre Moctar Ouane, arrêtés lundi soir par des membres de l'armée et détenus dans le camp militaire de Kati. Il leur serait reproché d'avoir « enfreint la charte de la transition ».
Ce nouveau rebondissement, qui survient alors que le pays a connu en août dernier son quatrième coup d'État depuis l'indépendance, complexifie encore la situation politique et en matière de sécurité dans la région du Sahel, quelques jours après les bouleversements graves survenus au Tchad. Pourtant, avant les événements de la nuit dernière, le Mali semblait se diriger vers une transition démocratique inclusive, qui associait les acteurs politiques et sociaux, comme le président Bah N'Daw me l'avait clairement signifié lors d'un déplacement au Mali, dans ma circonscription.
Avant d'aller plus avant dans ma question, j'ai une pensée pour les 8 500 ressortissants français qui vivent au Mali, ainsi que pour les 5 100 soldats français engagés dans l'opération Barkhane pour assurer la paix et la stabilité dans la région, eux qui ont déjà payé un lourd tribut en honorant leurs missions.
Monsieur le ministre, alors que notre pays a accueilli la semaine dernière un sommet international sur le financement des économies africaines, afin d'accompagner le continent dans la résolution de la crise sanitaire, la communauté internationale, et, au premier rang de celle-ci, l'Union africaine, se préoccupent des soubresauts de la gouvernance, dont la stabilité est le préalable à toute sortie durable de la crise dans la zone. Quelle est la position de la France concernant cette nouvelle menace pour la stabilité du Sahel ? Comment assurer la sécurité de nos compatriotes qui résident au Mali ?