Constance Le GripComment on a laissé l'islamisme pénétrer l'école, tel est le titre de l'ouvrage publié en 2020 par Jean-Pierre Obin, ancien inspecteur général de l'éducation nationale. Dans ce livre, qui fit grand bruit, l'auteur dénonçait les dérives du communautarisme et du séparatisme d'inspiration islamiste, les atteintes à la laïcité, mais aussi le silence et l'aveuglement qui ont trop longtemps régné au sein de l'éducation nationale face à la progression de l'islam politique dans les écoles de la République. Chargé par vos soins, monsieur le ministre de l'éducation nationale, en février 2021, soit quelques mois après le tragique assassinat du professeur Samuel Paty, de rédiger un rapport sur la question, M. Obin vient de vous le remettre. Il y formule des préconisations sur la formation des enseignants à la laïcité.
Son constat est malheureusement toujours alarmant, inquiétant. La laïcité est mal en point. Les enseignants n'arrivent plus à faire vivre ce principe. Fatigue, crainte, réticence à faire des vagues, ignorance, absence de formation : tout cela peut engendrer le renoncement. Actuellement, la formation à la laïcité de nos enseignants se résume à une demi-journée seulement.
Monsieur le ministre, quelles sont les préconisations du rapport Obin que vous allez appliquer ? Le désarroi, l'inquiétude, l'autocensure chez les enseignants sont allés crescendo depuis l'assassinat du professeur Paty.
Je dédie cette question à une jeune femme au courage extraordinaire, Mila, qui vit ou plutôt qui survit sous la menace permanente, dont le parcours scolaire a été interrompu parce qu'elle exerçait sa liberté d'expression. La République doit protéger sa vie, mais également assurer sa formation et lui permettre de préparer son avenir.