Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. J'ai été, comme vous, particulièrement choqué des menaces proférées à l'encontre de plusieurs représentants de la nation, parfois jusque dans leur domicile. Ayant moi-même été député à des périodes de turbulences sociales et sociétales, je sais ce que c'est que de porter l'écharpe tricolore, d'avoir été légitimement élu par la volonté du peuple et d'être menacé dans l'exercice de son mandat. Je connais aussi le courage des membres de la représentation nationale, capables de porter haut leurs idées, quelles qu'elles soient, sans se laisser intimider.
C'est la raison pour laquelle j'aborde avec confiance le débat que nous allons poursuivre cet après-midi en commission des lois et ouvrir demain dans l'hémicycle sur le projet de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire, un texte important.
Revenons quelques instants sur l'histoire de la vaccination dans notre pays. C'est en 1902 que le vaccin contre la variole a été rendu obligatoire. Cette maladie était alors l'une des premières causes de la mortalité en France et dans le monde. Pierre Waldeck-Rousseau, connu pour ses phrases célèbres, a décidé de rendre obligatoire la vaccination contre cette maladie, décision qui a entraîné un mouvement social.
D'autres vaccins ont été rendus obligatoires au cours des décennies suivantes, en 1934, puis en 1940, au milieu des années 1960 et dans les années 1970 - je pense notamment au vaccin contre la poliomyélite. Dans tous les cas, la décision de rendre la vaccination obligatoire a entraîné des mouvements sociaux. Qu'ils soient de droite ou de gauche - Édith Cresson est, je crois, à l'origine d'un vaccin obligatoire -, les gouvernements et le Parlement ont-ils reculé ? jamais ! Quand il s'agit de protéger les Français, les parlementaires sont là !
Ils mettent de côté leur étiquette politique au nom de l'intérêt général. Ils ne sont pas toujours d'accord sur les solutions, et nous débattrons prochainement avec les députés de droite et de gauche de différents sujets sur lesquels nous avons des divergences. Mais il arrive aussi que des divergences apparaissent au sein de la majorité !
À la fin des fins, je suis convaincu que nous parviendrons à un texte équilibré, qui permettra de donner confiance aux Français et les aidera à franchir le pas – un pas parfois très petit – de la vaccination, en prenant une décision courageuse pour se protéger eux-mêmes et pour protéger les autres. Face à l'individualisme, nous faisons le choix de la responsabilité collective !