Christine Pires BeauneTout d'abord, notre groupe s'associe à l'hommage que vous avez rendu à Maxime Blasco, monsieur le président.
Monsieur le Premier ministre, le 17 novembre 2018, des milliers de Français manifestent : le mouvement social des gilets jaunes, d'une ampleur inédite, se déclenche suite à la hausse de la taxe carbone, qui augmente fortement le prix du carburant à la pompe. On connaît la suite.
Hier, les Français apprennent que le prix du gaz va de nouveau augmenter de 12,6 % au 1er octobre, soit une hausse record de près de 58 % au cours des deux dernières années. À cette hausse du gaz vient s'ajouter la hausse du prix de l'électricité et des carburants.
Cette situation n'est pas nouvelle, mais depuis quelques mois, avec la reprise des économies mondiales, elle s'aggrave. Il y a désormais urgence à agir : en raison du coût croissant des énergies, le pouvoir d'achat des Français va fortement s'éroder, en particulier celui des plus précaires, mais également celui des classes populaire et moyenne, qui vont rencontrer les plus grandes difficultés à se chauffer et se déplacer cet hiver.
Dans le projet de budget que vous avez présenté mercredi dernier, il n'y a aucune mesure pour soutenir les ménages. Hier, le Président de la République a annoncé en grande pompe la défiscalisation des pourboires : ce ne sont pas de pourboires supplémentaires dont les Français ont besoin, mais de meilleurs salaires ! Pour une grande partie de la population, il devient chaque année plus difficile de vivre de son salaire. C'est d'autant plus vrai lorsque la part du budget consacrée au logement, au chauffage et aux déplacements augmente terriblement.
La colère gronde, le feu couve, et il est de votre responsabilité, monsieur le Premier ministre, de l'éteindre avant qu'il ne se propage au pays. Que comptez-vous faire pour que tous les Français puissent se chauffer correctement, quel que soit le lieu où ils résident ? Que comptez-vous faire pour ceux qui n'ont d'autre choix que d'utiliser leur véhicule pour aller travailler ?