Alain BruneelMonsieur le Premier ministre, ils sont des centaines de milliers depuis ce matin à battre le pavé pour défendre les salaires, les emplois, les conditions de travail et d'études. Ce sont les étudiants fantômes, les retraités qui peinent à boucler les fins de mois, les salariés précarisés, les pères et mères de famille inquiets pour l'avenir. Ils sont tous unis dans leur diversité pour réclamer une chose simple : un autre partage des richesses !
C'est la France qui est dans la rue : la France du travail, la France des valeurs humanistes, la France du respect et de la dignité , la France qui souffre de votre politique au service des plus riches et que vous allez étouffer un peu plus avec votre réforme honteuse de l'assurance chômage. Cette France, c'est celle qui constate qu'à part les salaires et les pensions de retraite, tout augmente : gaz, électricité, essence, assurances. Et pendant ce temps, les actionnaires continuent d'engranger des dividendes records ! Les 500 plus grandes fortunes françaises ont gagné 300 milliards depuis un an – une somme qui permettrait de financer vingt ans de déficit des retraites !
Oui, il y a bien une France qui profite : cette France du capital qui bénéficie de toutes vos attentions. Preuve en est : aujourd'hui même, l'Union européenne vient de retirer les Seychelles de sa liste des paradis fiscaux, en accord avec le ministre Bruno Le Maire – et tout cela, en plein scandale des Pandora papers ! Pas moins de 11,3 milliards de dollars sont détenus par des sociétés boîtes aux lettres n'existant que sur le papier ! C'est autant d'argent qui manque en France et ailleurs dans le monde pour soigner, pour éduquer, pour alimenter, pour loger, pour les besoins humains essentiels qui s'expriment ! Cette fraude fiscale, c'est un crime contre la nation, c'est un crime contre les peuples.
Quand allez-vous cesser la chasse aux pauvres pour faire en sorte de mettre derrière les barreaux les vrais criminels, ceux qui pratiquent l'évasion fiscale ?