Sylvie TolmontMonsieur le Premier ministre, en l'absence du ministre de la santé, c'est à vous que j'adresse un cri d'alarme concernant la situation des hôpitaux de proximité, en prenant l'exemple de l'hôpital du Bailleul, situé dans ma circonscription.
C'est de la survie du pôle santé Sarthe et Loir, comme de beaucoup d'autres, dont il est question. Depuis 2019, cet établissement est fortement affecté par la pénurie de médecins : les urgences sont régulièrement fermées la nuit et la SMUR fonctionne de manière totalement aléatoire.
À cette situation dégradée s'ajoute désormais l'application de la loi visant à améliorer le système de santé par la confiance et la simplification, dite loi RIST qui, malgré les bonnes intentions pour plafonner la rémunération des intérimaires, va avoir des conséquences immédiates désastreuses en renforçant la pénurie de médecins.
Ainsi, dans quinze jours, l'établissement pourrait ne plus disposer que d'un seul anesthésiste, un jour par semaine. Pour les 100 000 habitantes et habitants de ce territoire, l'impact sera majeur : fermeture des blocs opératoires, de la maternité, des services d'urgence, et réorientation des patients vers des établissements éloignés, eux-mêmes déjà en difficulté dans certaines disciplines.
Le remède sera finalement pire que le mal et nous nous dirigeons vers une rupture de la continuité des soins dans plusieurs de nos territoires, sur fond de désarroi des populations. Vos logiques de métropolisation, de regroupement et de rationalisation des coûts dans des zones déjà sous-dotées n'ont fait qu'aggraver les effets de la désertification médicale. Nous ne pouvons plus tolérer de voir des habitants de nos territoires ruraux relégués à un statut de citoyens de seconde zone.
En 2019, j'avais déjà interpellé Mme Buzyn sur la fermeture des services d'urgence. Qu'avez-vous fait depuis pour remédier à cette situation dramatique ? Quelles mesures fortes d'urgence allez-vous prendre ?
Aujourd'hui, monsieur le Premier ministre, c'est la question de la survie tout court de nos hôpitaux qui se pose, et avec elle celle de la réquisition, pourquoi pas, de la réserve sanitaire nationale. Des vies sont en jeu !