Philippe Gosselin…même la majorité semble s'y perdre.
Ce texte permettra au Gouvernement d'avoir les mains libres jusqu'au 31 juillet 2022 : dix mois, en plein milieu de l'été prochain. La tradition républicaine veut que le Parlement cesse de siéger fin février à cause de l'élection présidentielle, mais rien n'empêche de le convoquer, notre mandat s'achevant en juin 2022. Je m'étonne d'ailleurs qu'une partie de nos collègues soient si pressés de quitter l'Assemblée avant même que les électeurs le leur fassent savoir !
Ce texte permettra aussi le maintien du passe sanitaire. S'il peut, sous certaines conditions et pour certaines activités, avoir de l'intérêt, le Gouvernement a trop tendance à l'utiliser comme un passeport du quotidien : c'est excessif. Le Gouvernement a réussi aussi à écorner le secret médical au profit des chefs d'établissement scolaire qui n'ont rien demandé et qui y sont fortement opposés. C'est une rupture de confiance avec de nombreux parents, cela va tendre encore plus des situations qui sont déjà extrêmement tendues.
Enfin, depuis des mois, nous défendons la territorialisation des mesures : c'est du bon sens. La situation épidémique varie – eh oui – d'un territoire à un autre. La commission des lois l'avait votée : c'était parfait, c'était trop bien. Et, mercredi, dans un élan bien jacobin, la majorité est revenue dessus. Bien sûr, le Gouvernement doit avoir les moyens pour lutter contre la crise, nul ne dit le contraire, mais s'il doit avoir les moyens, il ne doit pas avoir tous les moyens. Ce texte est une rupture de confiance : dix mois sans contrôle démocratique du Parlement et, comme par hasard, pendant la période présidentielle et les élections législatives. C'est non, c'est un déni de démocratie. Quand allez-vous revenir à la raison ?