Michel LariveMonsieur le Premier ministre, le prix des carburants est désormais au-dessus du seuil ayant précédé la crise des gilets jaunes. Les prix du gaz de l'électricité ont explosé. On entend dire tous les jours à la télévision que pour être en bonne santé, il faut manger cinq fruits et légumes par jour, mais le prix de ces denrées alimentaires est rédhibitoire pour bon nombre de Françaises et de Français. Vous décidez d'octroyer généreusement à une partie de la population française 100 euros de prime d'inflation, ce qui correspond à peine à 27 centimes par jour sur une année, soit le quart d'une baguette de pain par jour – une baguette dont le prix va, soit dit en passant, lui aussi augmenter. Les Françaises et les Français ne réclament pas l'aumône, mais des mesures durables. De plus, ils vont eux-mêmes financer votre charitable initiative par l'impôt et les taxes. Emmanuel Macron se gargarise d'être le président du pouvoir d'achat, mais il ne l'est pas, il n'est que le président de la paupérisation d'une majorité de la population française.
En revanche, Total enregistre cette année 7 milliards d'euros de bénéfices, en pleine crise de la covid. C'est là-dessus qu'il faut agir, monsieur le Premier ministre ! Il faut d'urgence bloquer les prix des carburants, comme l'avait fait en son temps l'un de vos prédécesseurs, Michel Rocard. Cependant, comme cela avait été le cas à l'époque, il ne peut s'agir que d'une mesure transitoire : la seule solution qui vaille pour absorber durablement cette variation des prix des biens de consommation courante, c'est l'augmentation des salaires ! Il faut considérablement augmenter le SMIC et les minima sociaux, voilà la véritable solution à long terme, qui engage l'ensemble de la population française – y compris les plus riches – dans la solidarité nationale.
Monsieur le Premier ministre, l'urgence appelle le blocage des prix des produits de première nécessité, dont les carburants font partie. Allez-vous enfin vous y engager ?