Maxime Amblard Monsieur le ministre de l'économie, quel ne fut pas mon étonnement lorsque nous est parvenu, juste après la publication de votre PPE 3, le fameux rapport d'EDF sur la modulation qui était prêt depuis deux mois.
Quelle ne fut pas ma surprise, à sa lecture, de constater que ce que nous disions depuis des années au Rassemblement national – j'avais d'ailleurs donné l'alerte il y a un an – se trouvait confirmé : nos réacteurs sont optimisés pour fonctionner à pleine puissance ; la hausse de la production éolienne et photovoltaïque conduit inévitablement à augmenter la modulation du parc ainsi que la fréquence des arrêts ; les contraintes physiques, thermiques et mécaniques qui en découlent entraînent une usure prématurée des réacteurs.
Surtout, quelle ne fut pas ma stupeur, à la lecture de votre PPE 3, de découvrir que vous m'avez délibérément menti. Vous me répondiez ici même, il y a quelques semaines, que cette programmation tiendrait compte des conclusions dudit rapport. Or la modulation n'est finalement mentionnée que dans un pauvre petit paragraphe, lequel dit même le contraire de ce qui figure dans le rapport puisqu'on ose y comparer la modulation planifiée et saisonnière des années 1990 à la modulation contrainte et infrajournalière d'aujourd'hui, quand EDF elle-même nous dit que 2024 marque un tournant du point de vue de la nature de la modulation et de ses impacts. Ces conséquences concrètes et avérées ne sont d'ailleurs même pas chiffrées. Ou peut-être ne le sont-elles plus ?
Car, étrangement, il semblerait qu'une partie soit manquante. Je parle évidemment de celle qui porte sur l'impact économique de cette nouvelle forme de modulation. Soyez cependant rassuré : j'ai pu me la procurer. Le verdict est sans appel : des dizaines de milliards de manque à gagner, de charges supplémentaires et de surcoût directs et indirects, venus immanquablement s'ajouter aux dizaines de milliards de subventions d'ores et déjà engloutis par les énergies intermittentes et grossir nos factures d'électricité.
Bref, vous avez préféré cacher des conclusions qui n'allaient pas dans le sens de votre désastreuse PPE3 qui s'assoit sur les prévisions de consommation de RTE, poursuit sa fuite en avant avec le déploiement démesuré de sources intermittentes et balaie d'un revers de main les impacts de la modulation nucléaire. L'ensemble continuera immanquablement à faire exploser la facture d'électricité des Français.
Alors, dans un dernier espoir d'obtenir une réponse honnête de votre part, ma question sera plus simple que les précédentes : quand allez-vous enfin arrêter de nous prendre pour des buses ?