Bruno Le Maire,
Ministère de l’économie, des finances et de la relance •
2 févr. 2021L'activité de production et de vente d'électricité constitue une activité industrielle et commerciale imposable à l'ensemble des impôts commerciaux. Ainsi, les producteurs d'électricité d'origine hydraulique sont passibles notamment de la cotisation foncière des entreprises (CFE) et de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Ils sont également assujettis à l'imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER) prévue à l'article 1635-0 quinquies du code général des impôts (CGI), dès lors que les installations concernées dépassent une certaine puissance électrique. Les centrales thermiques, photovoltaïques, géothermiques, nucléaires et éoliennes, ainsi que les transformateurs électriques, donnent également lieu au paiement d'une IFER. Le produit de ces impôts contribue aux ressources financières des collectivités territoriales. Toutefois, conscient des enjeux de la fiscalité pour le secteur industriel, le Gouvernement, dans le cadre du « Pacte productif 2025 », a conduit une réflexion globale sur les impôts de production en concertation avec les fédérations professionnelles, les chefs d'entreprises et les associations d'élus locaux. La loi de finances pour 2021 a ainsi pu prévoir des mesures de grande ampleur de baisse des impôts de production, à hauteur de 10 Md€. En particulier, les paramètres de la méthode comptable d'évaluation foncière servant à la détermination de la valeur locative des établissements industriels ont été fortement remaniés, aboutissant à une division par deux de ces valeurs locatives. Le levier fiscal n'étant pas le seul instrument susceptible de favoriser le développement de la filière hydroélectrique, plusieurs mesures ont déjà été adoptées afin de soutenir cette filière de l'hydroélectricité. Il s'agit notamment des procédures du « guichet ouvert » ou de celle des appels d'offres organisés par la Commission de régulation de l'énergie, grâce auxquelles les producteurs peuvent bénéficier de dispositifs de soutien à l'achat de l'électricité produite, lorsque les prix de marché ne permettent pas d'assurer une rentabilité suffisante. Il s'agit également, pour les stations de transfert d'électricité par pompage (STEP), de la fixation à 50 % du plafond de réduction du tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité, par la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte. En outre, la simplification des procédures d'autorisation environnementale et l'accompagnement des projets de centrales nouvelles jouent également un rôle déterminant. Enfin, indépendamment de l'aide aux infrastructures nouvelles, la stratégie française pour l'énergie et le climat fixe un objectif spécifique de suréquipement des installations hydroélectriques existantes afin d'accroître la rentabilité du parc actuel.