La distinction entre conservation curative et restauration est connue depuis longtemps, mais elle n'a été clairement formalisée qu'en 2008, lors de la 15e conférence de l'« International Council of Museums – Committee for Conservation ». La conservation curative désigne l'ensemble des actions directement entreprises sur un bien culturel ou un groupe de biens ayant pour objectif d'arrêter un processus actif de détérioration ou de les renforcer structurellement. Elles ne sont mises en œuvre que lorsque l'existence même des biens est menacée, à relativement court terme, par leur extrême fragilité ou la vitesse de leur détérioration et modifient parfois l'apparence des biens. Le terme de restauration désigne, quant à lui, l'ensemble des actions directement entreprises sur un bien culturel, singulier et en état stable, ayant pour objectif d'en améliorer l'appréciation, la compréhension, et l'usage. Ces interventions ne sont mises en œuvre que lorsque le bien a perdu une part de sa signification ou de sa fonction du fait de détériorations ou de remaniements passés. Elles se fondent sur le respect des matériaux originaux. Le plus souvent, de telles actions modifient l'apparence du bien. En France, toutes les opérations de conservation et de restauration sont encadrées et soumises au contrôle scientifique et technique des services de l'État dans tous les domaines couverts par le code du patrimoine. Les restaurateurs du patrimoine, diplômés d'un master 2 en conservation restauration, opèrent selon une charte de déontologie. Ils ne travaillent pas seuls et sont systématiquement en dialogue avec les conservateurs et les attachés de conservation, responsables des œuvres, et avec les scientifiques qui réalisent des analyses. Ils peuvent bénéficier en outre d'un apport scientifique important (imageries UV et IR, radiographies, tomographie en cohérence optique…). Des comités scientifiques, incluant des spécialistes internationaux, sont régulièrement organisés pour le suivi des restaurations des œuvres les plus prestigieuses ou les plus complexes, afin de croiser les approches et les regards. Enfin, sur l'ensemble du territoire national, les commissions scientifiques régionales de restauration, organisées par les directions régionales des affaires culturelles, au sein desquelles siège systématiquement un représentant du centre de recherche et de restauration des musées de France, étudient et valident en amont et de façon collégiale tout projet de restauration des collections des musées de France.