À
Franck Riester,
Ministère de la culture, 🧭Gouvernement Philippe 2 •
21 avr. 2020Mme Sylvie Tolmont attire l'attention de M. le ministre de la culture sur la gestion des antennes de France Bleu en période de crise sanitaire covid-19. Le 25 mars 2020, se fondant sur l'impérieuse nécessité d'assurer la protection des salariés, décision a été prise par la direction du réseau de regrouper les 44 stations habituelles en 16 pôles régionaux. Ces mutualisations, sans doute nécessaires aux prémices de la crise, paraissent aujourd'hui disproportionnées. En effet, de l'aveu même de nombreux salariés du réseau, le maintien de cette situation relève d'un principe de précaution poussé au-delà du raisonnable et n'a plus lieu d'être tant les précautions sanitaires idoines sont de rigueur. Dès lors, plus rien ne semble désormais empêcher le retour d'une antenne locale. À titre d'exemple, les équipes de France Bleu Maine l'ont d'ailleurs prouvé en rendant possible une matinale locale avec seulement quatre personnes présentes simultanément dans les locaux. En outre, les regroupements actuels altèrent la mission première de France Bleu, celle-là même qui constitue son ADN et sa raison d'être : la proximité. Certains animateurs se trouvent contraints de couvrir une quantité déraisonnable de départements pour un nombre d'auditeurs qui l'est tout autant. Assurément, cette nouvelle gestion signe un effacement de territoires qui, bien que proches, ne sont caractérisés ni par les mêmes actualités, ni par la même histoire, et acte l'abandon d'auditeurs en parfait désarroi. Dans une telle configuration, France Bleu n'assure plus sa mission essentielle en matière de lien social et de proximité, alors que celle-ci paraît indispensable en cette période de confinement généralisé. Les personnels, quant à eux, ont le sentiment de couvrir l'actualité de territoires qui ne sont pas les leurs, qu'ils ne connaissent pas nécessairement et pour lesquels ils n'ont pas d'attaches. Le travail remarquable qu'effectuent les équipes de France Bleu au quotidien participe d'une mission essentielle à la vitalité des territoires qui s'en trouve, dès lors, totalement dénaturée. Aussi, elle souhaite connaître ses intentions concernant cet affaiblissement de ce service public de proximité.