Jean-Yves Le Drian,
Ministère de l’Europe et des affaires étrangères •
20 oct. 2020Comme le ministre des affaires étrangères a eu l'occasion de le dire à la suite de la formation du nouveau gouvernement israélien, l'annexion, même partielle, de territoires palestiniens constituerait une violation du droit international, qui interdit strictement l'acquisition de territoires par la force. La France a rappelé qu'elle ne reconnaîtrait aucune modification des lignes du 4 juin 1967, sauf celles agréées entre les deux parties israélienne et palestinienne. Le ministre a également indiqué que l'annexion constituerait une remise en cause irréversible de la solution des deux Etats, la seule à même de répondre aux aspirations des Israéliens et des Palestiniens et de permettre une paix et une stabilité durables dans la région. Elle restreindrait en outre fortement la liberté de circulation des Palestiniens, déjà entravée. C'est la raison pour laquelle la France a appelé les autorités israéliennes, après l'annonce de la suspension de l'annexion dans le cadre de la normalisation des relations avec les Emirats Unis, à faire de cette décision une mesure définitive. Cette décision doit en outre s'accompagner d'un arrêt de la colonisation, qui est illégale en droit international. Notre vigilance à ce titre est entière, en coordination avec nos partenaires européens et arabes. La France reste pleinement disposée à accompagner tout effort en vue d'une reprise des négociations entre les parties, seule voie vers la paix, la sécurité et la stabilité régionale. La seule solution, juste et réaliste, au conflit israélo-palestinien, est l'établissement de deux Etats, vivant côte à côte en paix et en sécurité, dans des frontières sûres et reconnues, sur la base des lignes du 4 juin 1967, et ayant l'un et l'autre Jérusalem comme capitale.