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🧭Gouvernement Castex
Jean Castex
, Premier ministre
Jean-Yves Le Drian
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Barbara Pompili
, Ministère de la transition écologique
Jean-Michel Blanquer
, Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports
Bruno Le Maire
, Ministère de l’économie, des finances et de la relance
Florence Parly
, Ministère des armées
Gérald Darmanin
, Ministère de l’intérieur
Élisabeth Borne
, Ministère du travail, de l’emploi et de l’insertion
Sébastien Lecornu
, Ministère des outre-mer
Jacqueline Gourault
, Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales
Éric Dupond-Moretti
, Ministère de la justice
Roselyne Bachelot
, Ministère de la culture

Annick Girardin
, Ministère de la mer
Frédérique Vidal
, Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation
Julien Denormandie
, Ministère de l’agriculture et de l’alimentation
Amélie de Montchalin
, Ministère de la transformation et de la fonction publiques
Joël Giraud
, Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales
💬Stratégie de lutte contre la covid-19
David Habib
31 mars 2021santé


M. le président. La parole est à M. David Habib.

M. David Habib. Monsieur le Premier ministre, le 29 janvier, le chef de l'État sait que les scientifiques annoncent une troisième vague de l'épidémie en mars et avril : il n'en tient pas compte. Il fait, selon les mots de votre majorité, un « pari » – comme si on pouvait parier sur la santé des Français !

M. Maxime Minot. Eh oui !

M. David Habib. En réalité, son ambition n'était pas d'éviter le confinement, mais de nous habituer à vivre avec le virus, car le chef de l'État n'a pas cru au vaccin. Lui-même le reconnaissait, le 4 décembre : « Le vaccin arrive. Est-ce la seule réponse ? Non. ». Quelle faute !

M. Charles de la Verpillière. Eh oui !

M. David Habib. N'avoir pas misé sur la science et l'intelligence, voilà votre erreur, celle qui explique tout !

Dès octobre, Boris Vallaud vous a interrogé sur la stratégie vaccinale.

M. Boris Vallaud. Une très bonne question !

M. David Habib. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé, lui a alors répondu que la question était prématurée. En fait, rien n'était prêt. En décembre, le groupe socialistes et apparentés vous a demandé d'appliquer une gestion territorialisée de l'épidémie, avec l'instauration de mesures sévères là où le virus se multipliait et des mesures allégées dans les territoires où le taux d'incidence était plus faible, et de vous adresser en priorité aux personnes favorables à la vaccination, d'engager une campagne de communication et de vaccination massive. Le parti socialiste vous a également demandé de vacciner en urgence les enseignants. Mais chaque fois, votre première réponse fut négative.

M. Patrick Hetzel. Ça fait des mois que ça dure !

M. David Habib. Monsieur le Premier ministre, cela ne peut plus durer ! En France, le nombre de morts du covid, c'est l'équivalent d'un Airbus qui s'écrase chaque jour. Le Gouvernement ne doit plus pouvoir agir sans que le Parlement contrôle son action. Il vous faut entendre les médecins, les enseignants, les élus, le Parlement : un homme ne peut décider seul pour 66 millions d'habitants. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et GDR, ainsi que sur quelques bancs du groupe LR.)

M. Fabien Di Filippo. Le Gouvernement n'entend personne !

M. le président. La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé.

M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. En treize mois de crise, la France, le Président de la République, n'ont pas fait de « pari ». Au contraire, nous avons été capables d'adapter l'arsenal des mesures visant à protéger la population à mesure que les connaissances sur le virus évoluaient. Souvenez-vous : il y a un peu plus d'un an, nous décidions, comme les pays qui nous entourent, d'un confinement généralisé. Cet automne pourtant, alors que d'autres pays avaient tout fermé – commerces, écoles –, nous avons adapté le confinement, permettant ainsi, je l'ai dit tout à l'heure, de maintenir l'accès à l'éducation de nos enfants.

M. Michel Herbillon. Un peu d'humilité, monsieur Véran !

M. Olivier Véran, ministre . Cet hiver, ensuite, alors que beaucoup disaient que nous allions devoir confiner, nous avons décidé d'instaurer un couvre-feu, ce qui a permis d'éviter un confinement généralisé, comme celui que les Allemands et les Anglais ont connu pendant plus de deux mois, ou des confinements généralisés répétés comme ceux vécus par les Italiens. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)

M. Pierre Cordier. Écoutez les gens sur le terrain !

M. Olivier Véran, ministre . Jusqu'au bout, nous aurons innové, monsieur le député, pour permettre de contenir le virus tout en maintenant le maximum de libertés individuelles et collectives pour les Français, malgré la situation épidémique. Vous pouvez critiquer ces décisions, mais il en est ainsi. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)

Vous pouvez d'ailleurs également proposer des solutions, vous savez que notre porte est toujours ouverte et notre main tendue (Exclamations sur les bancs du groupe SOC) : si vous avez de bonnes idées, auxquelles ni nous, ni aucun autre pays européen ou occidental n'aurait pensé avant vous, ma porte vous est évidemment ouverte.

S'agissant de la gestion territorialisée de l'épidémie, vous avez raison, et nous la poursuivons depuis plusieurs semaines : en effet, vous le savez, les mesures ne sont pas les mêmes partout en France, elles dépendent de la circulation du virus.

Enfin, s'agissant de la stratégie vaccinale, plus vite les doses de vaccin nous sont livrées, plus vite nous vaccinons et plus vite nous nous dirigeons vers une vaccination de masse. Néanmoins, avec les doses dont nous disposons – leur nombre est élevé, et d'importantes livraisons doivent être faites à la France et à l'Europe – nous avons choisi de protéger en priorité les personnes qui décédaient du covid ou finissaient en réanimation. Et si je note que la mortalité quotidienne en France est beaucoup trop élevée – de toute façon, un seul mort serait déjà un mort de trop, nous sommes bien d'accord sur ce point –, elle reste inférieure à celle d'autres pays ayant choisi, parfois par facilité, de vacciner les patients les plus jeunes. Nous avons fait un choix courageux…

M. Fabien Di Filippo. En quoi est-il courageux ?

M. Olivier Véran, ministre . …qui permet de sauver des vies. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et Dem. – Exclamations sur les bancs du groupe SOC.)

M. le président. La parole est à M. David Habib.

M. David Habib. Monsieur le ministre, je vous ai entendu, et bien des points que vous avez évoqués méritent aujourd'hui que nous mobilisions notre énergie et notre volonté, mais il y a une exigence de collégialité et de transparence (« Très bien » sur plusieurs bancs du groupe LR). Vous ne pouvez plus traiter cette crise comme vous l'avez fait jusqu'à présent. Nous sommes dans une double impasse sanitaire et démocratique : il est temps de réagir. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et GDR, et sur quelques bancs du groupe LR.)

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