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🧭Gouvernement Castex
Jean Castex
, Premier ministre
Jean-Yves Le Drian
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Barbara Pompili
, Ministère de la transition écologique
Jean-Michel Blanquer
, Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports
Bruno Le Maire
, Ministère de l’économie, des finances et de la relance
Florence Parly
, Ministère des armées
Gérald Darmanin
, Ministère de l’intérieur
Élisabeth Borne
, Ministère du travail, de l’emploi et de l’insertion
Sébastien Lecornu
, Ministère des outre-mer
Jacqueline Gourault
, Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales
Éric Dupond-Moretti
, Ministère de la justice
Roselyne Bachelot
, Ministère de la culture
Olivier Véran
, Ministère des solidarités et de la santé
Annick Girardin
, Ministère de la mer
Frédérique Vidal
, Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation

Amélie de Montchalin
, Ministère de la transformation et de la fonction publiques
Joël Giraud
, Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales
💬Crise de la filière du lait bio
Jean-Luc Bourgeaux
20 oct. 2021agriculture


M. le président. La parole est à M. Jean-Luc Bourgeaux.

M. Jean-Luc Bourgeaux. Depuis de nombreuses années, nous demandons un changement du modèle agricole français. Nous voulons une agriculture plus respectueuse de l'environnement, sans OGM – organismes génétiquement modifiés –, sans pesticides et ainsi de suite. Nous voulons le bien-être animal dans des élevages à taille humaine, avec des animaux qui pâturent et ne sont pas traités aux antibiotiques. Nous voulons surtout que toutes les exploitations bénéficient du label HVE – haute valeur environnementale.

Certains agriculteurs engagent donc leur entreprise dans des évolutions structurelles qui nécessitent des investissements importants et impliquent davantage de risques. Pourtant, que constatons-nous aujourd'hui ? De l'amertume et du découragement ! En effet, les prix des produits ne sont pas à la hauteur des efforts demandés et les écarts de compétitivité se creusent avec nos principaux concurrents, qu'ils soient européens ou mondiaux. Force est de constater que la montée en gamme est bien là, mais la valorisation des prix pour rémunérer les contraintes, non !

Une telle situation est devenue insupportable pour les agriculteurs français. Comment ne pas s'inquiéter de l'exemple des producteurs de lait biologique ? Ceux-ci ont répondu à l'ambition politique de développement de l'agriculture biologique mais se heurtent à la loi du marché, la demande n'étant plus en adéquation avec l'offre. Les conséquences sont multiples : baisse du prix, baisse des volumes, déclassement de produits et même arrêt de la reconversion pour des agriculteurs qui souhaitaient s'engager dans cette démarche.

Cette situation m'interpelle et me fait penser aux petits commerces des territoires ruraux ; tout le monde les réclame, mais presque personne n'y va ! Que comptez-vous faire pour que le sort de nos produits agricoles d'excellence soit différent et pour redonner espoir aux agriculteurs français qui se sont engagés dans ce changement ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation.

M. Julien Denormandie, ministre de l'agriculture et de l'alimentation. Je vous remercie pour la qualité de votre question, à laquelle je souscris en tous points. S'agissant du peuple français, un philosophe suisse parle de « cohabitation des contraires » – mais l'expression s'applique aussi à de nombreux peuples européens. Quant à moi, j'ai coutume de dire ceci : citoyen de bon matin, consommateur passé le quart d'heure – ce qui veut peu ou prou dire la même chose.

C'est vrai, à cause de la cohabitation des contraires que vous avez très bien résumée, nous avons demandé au monde agricole d'accomplir de nombreuses transitions, alors que cette injonction n'était pas forcément reprise par le donneur d'ordre final, le consommateur. Cela nous enseigne que l'agriculture ne peut pas répondre à des injonctions. Il faut le dire, le marteler : cela ne fonctionne pas comme ça.

L'agriculture doit plutôt répondre aux demandes du consommateur, qui doit rémunérer les transitions qu'il souhaite. Et quand l'agriculture n'en a pas la possibilité, l'État doit l'accompagner avec des politiques sociales.

L'État doit également garantir que la rémunération de l'agriculteur est assurée et non captée par les industriels ou la grande distribution ; la transition doit ainsi être menée grâce à une sorte de contrat avec l'ensemble de la société. C'est ce que nous faisons grâce à la proposition de loi de Grégory Besson-Moreau dite « EGALIM 2 », que vous avez adoptée à l'unanimité.

Par ailleurs, j'entends souvent, comme vous, dont je connais l'attachement aux terres agricoles, que les transitions n'iraient pas assez vite. L'exemple du lait bio est pourtant parlant. En France, depuis 2017, la surface consacrée au bio a doublé, ce qui fait de notre pays le premier en la matière en Europe. Soyons-en fiers, arrêtons de caricaturer notre agriculture et avançons vers des solutions de marché, défendues fièrement et de manière pragmatique. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM, Dem et Agir ens et sur quelques bancs du groupe LR.)

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