🤔Financement de l'hôpital public dans les territoiresM. Gaël Le Bohec alerte M. le ministre des solidarités et de la santé sur l'hôpital public qui doit être soutenu plus que jamais. Les soignants sont à bout de souffle pour venir à bout de la pandémie de covid-19, qui se révèle être une course contre la montre. Le quinquennat est marqué par une volonté de renouer avec les territoires qui, en matière de santé publique, doivent non seulement être soutenus, mais encore plus être considérés comme un maillon essentiel dans la solution à la crise sanitaire. Depuis de nombreuses années, l'hôpital est à la dérive et le Gouvernement a décidé d'injecter de l'argent dans l'hôpital public. Les sommes sont sans précédent : 1 milliard d'euros pour l'hôpital à Rennes et 1 milliard d'euros à Nantes sont prévus sur les dix prochaines années.
A contrario, l'hôpital de Redon ne bénéficiera que de 10 millions d'euros sur la même période. C'est 100 fois moins. Alors que la pandémie touche l'ensemble du territoire, il ne saurait y avoir des territoires oubliés. Plus encore, les hôpitaux des métropoles sont embolisés et leur capacité en nombre de lits n'est pas exponentielle. Les hôpitaux dans les territoires intermétropolitains constituent une opportunité qu'il faut saisir. Ils ont cette faculté de permettre le désengorgement des services de réanimation des métropoles. Par ailleurs, les habitants des territoires ont besoin de services médicaux proches de chez eux, y compris pour certaines spécialités. Les services de maternité, notamment, mais aussi les unités d'accueil médico-judiciaires pédiatriques. Alors que la crise sanitaire a engendré une augmentation significative des violences intrafamiliales, il est nécessaire que de tels services soient soutenus financièrement. Situé au cœur d'une large zone rurale, l'hôpital de Redon répond tout à fait à cet enjeu de proximité. D'autres États ont bien compris tout l'intérêt de la proximité en matière de services hospitaliers. Alors que la France investit proportionnellement à la densité de population, certains pays nordiques développent des investissements publics inversement proportionnels au nombre d'habitants dans le territoire. Le cas du Québec est également particulièrement probant dans l'approche de la ruralité comme vecteur d'opportunités qui profite à l'ensemble de la province. Ainsi, le Québec a élaboré une approche figurant parmi les plus abouties à l'échelle de l'OCDE, qui constitue un nouveau paradigme rural. Sans se limiter à des préoccupations sectorielles, la politique rurale provinciale du Québec vise ainsi l'autonomisation des collectivités et l'occupation du territoire. Le principe est d'intégrer le développement social avec le développement économique et entrepreneurial, tout en redoublant d'efforts pour mettre l'échelon « supralocal » au cœur des stratégies de développement rural et territorial. Cette approche est particulièrement ambitieuse si l'on garde à l'esprit que, si plus de 90 % du territoire est rural, seulement 29 % de la population québécoise y réside. En France, il est nécessaire de repenser le financement de l'hôpital public à la fois relativement à la densité de population et à la proximité pour les citoyens. Il souhaite par conséquent savoir si le Gouvernement compte infléchir sa politique en ce sens, pour que les hôpitaux de proximité intermétropolitains, tels que celui de Redon, ne soient plus oubliés dans la politique d'investissements face aux établissements de santé des métropoles.