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🧭Gouvernement Castex
Jean Castex
, Premier ministre
Jean-Yves Le Drian
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Barbara Pompili
, Ministère de la transition écologique
Jean-Michel Blanquer
, Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports
Bruno Le Maire
, Ministère de l’économie, des finances et de la relance
Florence Parly
, Ministère des armées
Gérald Darmanin
, Ministère de l’intérieur
Élisabeth Borne
, Ministère du travail, de l’emploi et de l’insertion
Sébastien Lecornu
, Ministère des outre-mer
Jacqueline Gourault
, Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales
Éric Dupond-Moretti
, Ministère de la justice
Roselyne Bachelot
, Ministère de la culture
Olivier Véran
, Ministère des solidarités et de la santé
Annick Girardin
, Ministère de la mer
Frédérique Vidal
, Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation

Amélie de Montchalin
, Ministère de la transformation et de la fonction publiques
Joël Giraud
, Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales
Avec
Julien Denormandie
, Ministère de l’agriculture et de l’alimentation17 févr. 2021

FILIÈRE HORTICOLE


Mme la présidente. La parole est à M. Stéphane Viry, pour exposer sa question, n°  1278, relative à la filière horticole.

M. Stéphane Viry. Monsieur le ministre de l'agriculture et de l'alimentation, à quelques semaines du printemps et de la saison des fleurs, je veux vous interroger sur la filière végétale, qui représente de nombreuses professions, des emplois et des activités multiples : des pépiniéristes, des horticulteurs, les métiers de la production, les fleuristes, les jardineries, les métiers de la vente au public, mais aussi les entreprises du paysage et tous les métiers de l'aménagement et de la conception.

L'année 2020 a placé la filière en grande difficulté du fait de l'épidémie de covid-19, les mesures sanitaires ayant entravé l'activité et entraîné une baisse significative du chiffre d'affaires de ces entreprises spécialisées. La situation reste préoccupante pour les commerçants et les artisans de la filière. Ces acteurs économiques ont manifestement besoin de soutien.

Rappelons l'importance du végétal dans le quotidien de nos concitoyens : les arbres et les plantes sont au cœur de toutes les politiques environnementales. Il faut donc s'assurer de la santé de cette filière. Le végétal est essentiel à la vie et à la santé des Français au-delà des emplois et de la valeur créée par la filière.

Reste que le végétal est un produit agricole vivant, ultra-frais, périssable, non stockable, non transformable et qui nécessite souvent un long délai de production. Au printemps 2020, 100 millions de tiges de fleurs ont été détruites et l'aide de 25 millions d'euros débloquée par l'État pour compenser ces pertes n'a pas été versée à temps, alors même que les producteurs ont dû réinvestir pour pouvoir proposer de nouvelles fleurs au printemps 2021. L'incertitude règne toujours s'agissant de l'écoulement de la production du fait de la crise sanitaire et de potentielles fermetures administratives des points de vente, comme nous en avons hélas connu au printemps dernier.

Autre remarque, les mesures du plan de relance destinées à la filière végétale paraissent un peu maigres et trop complexes pour les professionnels, les dispositions étant peu accessibles.

Enfin, il conviendrait d'utiliser la commande publique comme un levier massif de valorisation de la filière dans le cadre de plans de végétalisation, d'entretien et de transition. Là aussi, je suis persuadé que le Gouvernement peut faire bien davantage.

Monsieur le ministre, quelles décisions avez-vous prises afin de reconnaître les professionnels de la filière végétale, essentielle à la vie des Français, comme des acteurs incontournables ?

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation.

M. Julien Denormandie, ministre de l'agriculture et de l'alimentation. Je vous remercie très sincèrement de votre question, monsieur le député. C'est un fait, nous avons moins parlé de la filière végétale, notamment horticole, que d'autres, alors qu'elle est d'une grande importance économique. Mais elle est également importante en ce qu'elle contribue à la joie et au bonheur de notre quotidien, alors même qu'elle a énormément souffert de la crise sanitaire. La nature ne s'arrête jamais, même en temps de confinement. Or, pendant le premier confinement, les exploitants, pour poursuivre leur activité, ont dû continuer de payer leurs charges et leurs salariés, raison pour laquelle ils n'ont pas pu bénéficier des mesures d'urgence de droit commun.

Face à cette situation, le Gouvernement a en effet débloqué 25 millions d'euros. Vous le savez, je ne suis pas un adepte de la langue de bois : je reconnais donc que cette aide a été allouée trop tardivement et que nous avons mis trop de temps à en organiser, avec la filière – j'insiste sur ce point –, les modalités. Les discussions avec les acteurs ont duré jusqu'à la fin de l'année, quand bien même l'aide en question portait sur la période du printemps 2020.

J'ajoute que, comme toutes les aides destinées à soutenir des marchés spécifiques, il a fallu, une fois ses critères définis avec les professionnels, la notifier à Bruxelles et la faire approuver par la Commission européenne. Il n'en reste pas moins que, pour les horticulteurs, le processus est beaucoup trop long, les fonds promis n'arrivant toujours pas. Soyez assuré en tout cas que je me bats tous les jours pour l'accélérer.

Quant à votre remarque sur le plan de relance, je la trouve sévère. Pour le coup, nous avons bien travaillé avec la filière. Le volet relatif à la structuration de la filière a fait l'objet d'une enveloppe supérieure à 50 millions d'euros. Les professionnels ont été invités à déposer leurs dossiers et l'on ne m'a fait part d'aucun grief quant à la complexité du dispositif. Au contraire, les mesures que nous avons élaborées sont si simples que certains me disent que le plan de relance agricole va trop vite. J'entends toutefois votre remarque, dont nous pourrons reparler ultérieurement si vous le souhaitez.

J'en viens, pour finir, à la commande publique, qui constitue en effet un levier d'action important de l'État, mais aussi des collectivités locales. Elle doit être un outil de notre politique, j'en suis convaincu, mais elle ne relève pas tant de la loi que de la volonté de chacun au niveau national et local. En tout état de cause, s'il s'agit aujourd'hui, en réponse à votre question, d'appeler les décideurs publics à s'appuyer sur la commande publique pour manifester notre confiance à la belle filière horticole française, je le fais bien volontiers.

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