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🧭Gouvernement Castex
Jean Castex
, Premier ministre
Jean-Yves Le Drian
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Barbara Pompili
, Ministère de la transition écologique
Jean-Michel Blanquer
, Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports
Bruno Le Maire
, Ministère de l’économie, des finances et de la relance
Florence Parly
, Ministère des armées
Gérald Darmanin
, Ministère de l’intérieur
Élisabeth Borne
, Ministère du travail, de l’emploi et de l’insertion
Sébastien Lecornu
, Ministère des outre-mer
Jacqueline Gourault
, Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales
Éric Dupond-Moretti
, Ministère de la justice
Roselyne Bachelot
, Ministère de la culture

Annick Girardin
, Ministère de la mer
Frédérique Vidal
, Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation
Julien Denormandie
, Ministère de l’agriculture et de l’alimentation
Amélie de Montchalin
, Ministère de la transformation et de la fonction publiques
Joël Giraud
, Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales
Avec
Olivier Véran
, Ministère des solidarités et de la santé3 mars 2021

CONSÉQUENCES PSYCHIATRIQUES DES CONFINEMENTS


Mme la présidente. La parole est à M. Olivier Falorni, pour exposer sa question, n°  1320, relative aux conséquences psychiatriques des confinements.

M. Olivier Falorni. L'épidémie de covid-19, les confinements et les mesures de restriction de libertés qu'elle a entraînés ont créé des dommages psychosociaux considérables chez beaucoup de Françaises et de Français.

Les jeunes sont particulièrement touchés. Rester isolé dans une petite chambre, à suivre devant un écran des cours à distance tout en connaissant des difficultés financières pour remplir son frigo : tel est le sombre quotidien, sans réel horizon, de nombreux étudiants. On comprend que cela donne à certains des idées noires. Un récent sondage montre ainsi qu'ils sont les plus fragilisés par la crise sanitaire et 40 % des 18-24 ans souffrent de troubles d'anxiété.

Certes, vous avez apporté une première réponse à ce problème en créant le chèque d'accompagnement psychologique, qui finance trois consultations chez un psychologue libéral. C'est une avancée, mais elle ne correspond pas à l'ampleur des besoins car le phénomène de détresse psychologique touche hélas tous les âges et toutes les catégories. Tout le monde est concerné.

Depuis le printemps 2020, la prévalence des troubles mentaux a doublé en France ; pire, un Français sur cinq a songé à se suicider. Le 16 février dernier, la Cour des comptes, dans son rapport sur les parcours des patients dans la filière psychiatrique, s'est prononcée en faveur de la généralisation du remboursement des consultations de psychologie par la sécurité sociale, déjà expérimenté dans quatre départements depuis deux ans. Aujourd'hui, les circonstances exceptionnelles que nous connaissons font qu'il est urgent d'agir rapidement.

Ma question est donc très simple : comme le préconise la Cour des comptes, allez-vous, madame la ministre déléguée, généraliser le remboursement des consultations de psychologie par la sécurité sociale pour prévenir, traiter et guérir la profonde détresse morale qui frappe un nombre important de nos concitoyens ?

Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l'autonomie.

Mme Brigitte Bourguignon, ministre déléguée chargée de l'autonomie. Vous le savez, le Gouvernement est pleinement conscient de la dimension psychologique de la crise sanitaire, aussi importante d'ailleurs que sa dimension somatique. Les effets de cette crise génèrent un mal-être chez une majorité de Français – vous l'avez dit –, les jeunes mais aussi les personnes âgées – je ne mets pas les différentes générations en opposition, car elles souffrent toutes – et les soignants, qui sont spécifiquement éprouvés.

Ces populations, particulièrement exposées, sont d'autant plus vulnérables à une souffrance psychique et celle-ci doit faire l'objet d'un accompagnement. Depuis le début de la crise sanitaire, le ministère des solidarités et de la santé a accompagné les acteurs de la santé mentale et de la psychiatrie qui ont remarquablement su se mobiliser et même se réorganiser sur le territoire. Une cellule de crise « covid-santé mentale » et la publication d'une série de recommandations ont permis de soutenir ce secteur pour qu'il continue à prendre en charge les publics concernés tout en répondant aux nombreuses nouvelles sollicitations.

Le Ségur de la santé prévoit également de renforcer et d'élargir l'offre de soutien psychiatrique et psychologique à l'égard de la population. À ce titre, 41 cellules d'urgence médico-psychologique sont renforcées par deux infirmiers psychologues en équivalents temps plein ; par ailleurs, 160 psychologues en cours de recrutement vont s'ajouter de façon pérenne aux effectifs des centres médico-psychologiques, notamment au sein des structures infanto-juvéniles. Deux cents postes de psychologues sont également prévus pour appuyer dans les prochains mois les médecins généralistes des maisons de santé pluriprofessionnelles et des centres de santé, ce qui préfigure un renforcement structurel.

Pour les étudiants, 80 postes de psychologues, 60 postes d'assistantes sociales et un chèque d'accompagnement psychologique ont été créés. Enfin, nous souhaitons amplifier et accélérer les actions de la feuille de route pour la santé mentale et la psychiatrie, afin de faire de la santé mentale le premier poste de nos dépenses de soins. C'est une priorité majeure de nos politiques de santé, qui doit permettre une meilleure sensibilisation aux enjeux de la santé mentale et renforcer une culture de la prévention. Il s'agit aussi d'améliorer le repérage précoce de la souffrance psychique et sa prise en charge graduée, pour éviter l'ensemble des drames que vous avez évoqués.

Soyez donc assuré, monsieur le député, de notre pleine et entière mobilisation face à ce sujet majeur.

Mme la présidente. La parole est à M. Olivier Falorni.

M. Olivier Falorni. Je prends acte de votre réponse, madame la ministre déléguée, mais je maintiens qu'il est essentiel, comme l'a proposé la Cour des comptes, que l'on puisse généraliser une expérimentation qui a déjà cours dans quatre départements et qui permet le remboursement des consultations de psychologie pour nos concitoyens. Il s'agirait d'une mesure à la fois sanitaire, sociale et même économique puisqu'elle permettrait de désengorger les centres médico-psychologiques qui sont déjà saturés. Vous le savez, la psychiatrie est le parent pauvre du système de santé français ; je souhaiterais qu'elle devienne une grande cause nationale, comme l'est devenue la cancérologie.

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