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🧭Gouvernement Castex
Jean Castex
, Premier ministre
Jean-Yves Le Drian
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Barbara Pompili
, Ministère de la transition écologique
Jean-Michel Blanquer
, Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports
Bruno Le Maire
, Ministère de l’économie, des finances et de la relance
Florence Parly
, Ministère des armées
Gérald Darmanin
, Ministère de l’intérieur
Élisabeth Borne
, Ministère du travail, de l’emploi et de l’insertion
Sébastien Lecornu
, Ministère des outre-mer
Jacqueline Gourault
, Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales
Éric Dupond-Moretti
, Ministère de la justice
Roselyne Bachelot
, Ministère de la culture
Olivier Véran
, Ministère des solidarités et de la santé
Annick Girardin
, Ministère de la mer
Frédérique Vidal
, Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation
Julien Denormandie
, Ministère de l’agriculture et de l’alimentation
Amélie de Montchalin
, Ministère de la transformation et de la fonction publiques
Joël Giraud
, Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales
Avec
Roxana Maracineanu
, Ministère auprès du ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports, chargé des sports16 juin 2021

AMÉNAGEMENTS EN SEINE-SAINT-DENIS POUR LES JEUX OLYMPIQUES DE 2024


Mme la présidente. La parole est à M. Bastien Lachaud, pour exposer sa question, n°  1496, relative aux aménagements en Seine-Saint-Denis pour les Jeux olympiques de 2024.

M. Bastien Lachaud. « Des jeux utiles et responsables qui profiteront pleinement à la Seine-Saint-Denis » : ce sont les mots que répète inlassablement le comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Des promesses à la réalité, il y a cependant un monde. Les responsables n'ont que l'héritage des Jeux à la bouche, mais avant tout héritage, les habitants de mon département, la Seine-Saint-Denis, qui accueillera pourtant 80 % des équipements de ces jeux, n'ont fait l'expérience pour l'instant que de décisions autoritaires, de bétonisation d'espaces naturels et de trop peu d'emplois pérennes.

Les Jeux seraient un « projet participatif ouvert à toutes et tous, dans tous les territoires », nous jure-t-on la main sur le cœur, mais de nombreux collectifs dénoncent au contraire l'opacité et le manque de concertation démocratique avec les riverains. Et quand des citoyens se mobilisent pour faire entendre leurs voix, la SOLIDEO, la société de livraison des ouvrages olympiques, a pour toute réponse de les taxer d'« écolo-djihadistes » ou de conclure un contrat avec un cabinet de conseil qui réalise un fichage des opposants, comme cela a été le cas dans ma circonscription, à Aubervilliers. Et je ne parle même pas des propos racistes et sexistes et du mépris à l'égard des habitants qui seraient monnaie courante au sein de la SOLIDEO ainsi que l'a révélé la presse. Un seul exemple : « Qu'est ce qu'on va aller aider les Noirs en Seine-Saint-Denis ? ». Est-ce cela l'ouverture et la participation ?

Les Jeux seraient le premier événement de cette ampleur à être éco-responsable, nous assure-t-on encore. On peut en douter, quand plusieurs projets sont synonymes de destruction d'espaces naturels précieux, de bétonisation, de pollution.

Des jeux éco-responsables, quand l'échangeur autoroutier prévu à Saint-Denis Pleyel menace d'enserrer un groupe scolaire de 700 élèves, dans un quartier populaire déjà très pollué et envahi par les voitures ? Éco-responsables, quand l'aire des Vents à proximité du parc départemental Georges Valbon, poumon vert du département qui abrite plusieurs espèces protégées, doit être bétonnée après avoir été vendue à vil prix par la majorité écolo-socialiste du conseil départemental ? Éco-responsables, quand les jardins ouvriers des Vertus à Aubervilliers, vieux de près de cent ans d'histoire, doivent être partiellement rasés dans le cadre du chantier de la future piscine d'entraînement olympique et des équipements commerciaux qui l'accompagnent ? Est-ce ce que vous entendez par éco-responsabilité ?

Les Jeux constitueraient une formidable opportunité économique pour le département le plus pauvre de métropole, où 18 % des habitants vivent avec moins de 885 euros par mois, promet-on encore. Comme si la fumeuse théorie du ruissellement devait s'appliquer ici aussi ! On annonce 150 000 emplois potentiels. Mais seuls 25 % des marchés des chantiers doivent être ouverts aux TPE-PME de Seine-Saint-Denis et 10 % des horaires de travail doivent être réservés aux habitants éloignés de l'emploi – à ce jour, seulement 9 % de cet objectif auraient été atteints, c'est-à-dire à peine 400 emplois !

Certes, il reste la sécurité, la restauration, le nettoyage et l'accueil, disent les organisateurs. Mais combien d'emplois pérennes et qualifiants cela représente-t-il ? Il s'agit plutôt d'emplois pénibles et précaires, d'une durée limitée à quinze jours !

Le projet s'accompagne d'un maigre saupoudrage de logements sociaux, à des années-lumière des besoins, alors même que le prix du mètre carré explosera ! Est-ce cela l'héritage économique des Jeux pour les habitants de la Seine-Saint-Denis ? Qu'entendez-vous faire pour mettre un terme à cette comédie, pour répondre enfin aux questions et aux inquiétudes, pour que les promesses soient tenues et pour garantir que les Jeux olympiques ne seront pas un marché de dupes pour la Seine-Saint-Denis et ses habitants ?

Mme la présidente. La parole est à Mme la secrétaire d'État chargée de l'éducation prioritaire.

Mme Nathalie Elimas, secrétaire d'État chargée de l'éducation prioritaire. Je vous prie d'excuser l'absence de ma collègue Roxana Maracineanu, qui m'a chargée de vous répondre. Vous développez une approche presque caricaturale de l'organisation des Jeux et du travail effectué par la SOLIDEO, qui ne reflète absolument pas la réalité des faits. Comme dans chaque établissement public, la gouvernance de la SOLIDEO relève, de façon tout à fait, classique, d'un conseil d'administration qui engage ses grandes orientations par des votes, de façon démocratique et transparente.

M. Bastien Lachaud. Bien sûr !

Mme Nathalie Elimas, secrétaire d'État . Par ailleurs, cet établissement a engagé de longue date différentes actions de concertation avec les habitants de la Seine-Saint-Denis pour la réalisation des ouvrages olympiques et paralympiques.

Vous avez évoqué également des propos inacceptables – nous sommes tous d'accord sur ce point – tenus par un salarié de la SOLIDEO. Ces propos ne sauraient évidemment engager l'établissement public, dont la direction s'était immédiatement et fermement démarquée. (M. Bastien Lachaud s'exclame.) Je précise que l'auteur a démissionné depuis.

Pour ce qui est de l'éco-responsabilité des projets, la SOLIDEO poursuit une ambition élevée en matière d'exemplarité environnementale et en rend compte régulièrement lors de son conseil d'administration, sous le contrôle vigilant de l'État et des collectivités territoriales, notamment de la ville de Paris.

Concernant l'impact économique et social des investissements olympiques en Seine-Saint-Denis, je vous invite à regarder la ventilation de ces derniers : vous constaterez que près de 87 % d'entre eux bénéficient à la Seine-Saint-Denis.

S'agissant des emplois générés par les Jeux de 2024, il est important de préciser que l'enjeu est de permettre aux 150 000 personnes employées et aux 5 000 volontaires mobilisés de renforcer leur employabilité.

Enfin, pour ce qui est de la charte sociale en faveur de l'emploi et du développement territorial de la SOLIDEO, 148 millions d'euros de marchés ont été attribués à ce jour à 600 TPE et PME, ainsi qu'à trente structures de l'économie sociale et solidaire (ESS) réparties dans toute la France, dont plus de la moitié sont installées dans les cinq départements concernés par les chantiers de travaux, ce qui représente 20 % du chiffre d'affaires total.

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