La lutte contre le harcèlement scolaire revêt une importance majeure pour le ministère de l'éducation nationale. À ce titre, des moyens publics conséquents sont mobilisés dans le cadre du programme de lutte contre le harcèlement (pHARe), obligatoire dans tous les établissements d'enseignement publics depuis la rentrée 2023. Ce dispositif couvre la prévention et le traitement des situations de harcèlement survenant dans le premier et le second degrés. Il implique tous les membres de la communauté éducative. À ce jour, près de la totalité des écoles, collèges et lycées publics sont dotés d'une équipe ressource pHARe formée à la détection et à la prise en charge des situations. Les moyens humains ont été considérablement renforcés avec la désignation d'un coordonnateur dans chaque établissement du second degré bénéficiant d'une indemnité pour mission particulière, ainsi que le recrutement en 2024 de 150 responsables académiques et départementaux dédiés à temps plein au déploiement du dispositif pHARe et au traitement des situations les plus complexes. Tous les personnels de l'éducation nationale sont tenus d'effectuer une formation via un parcours hybride d'une durée de six heures. Un parcours de formation spécifique pour les personnels de direction et les membres des équipes ressources chargés de traiter les situations au sein des établissements est déployé en complément. Les élèves sont sensibilisés à toutes les formes de harcèlement, y compris en ligne, à ses conséquences pour les victimes, les témoins et les auteurs. Au cours de l'année scolaire 2025-2026, plus de 130 000 collégiens et lycéens se sont portés volontaires pour être ambassadeurs de la lutte contre le harcèlement dans leur établissement. Accompagnés par un ou plusieurs adultes référents tout au long de l'année, ils contribuent activement à la prévention et au repérage des situations. Les parents d'élèves disposent d'une plateforme d'auto-formation intitulée « Non au harcèlement - Des clés pour les familles », mise en place depuis novembre 2024, pour leur permettre de détecter les signaux faibles et d'identifier leurs moyens d'agir dans le cas où leur enfant serait victime ou témoin de harcèlement à l'école. Un protocole national de prise en charge, en vigueur et en ligne depuis novembre 2023, encadre l'ensemble des étapes du traitement des situations, de leur identification à leur résolution effective, en précisant notamment les mesures de protection immédiates à prendre à l'égard des victimes. L'arsenal des sanctions a été renforcé, à la fois au plan disciplinaire (décret n° 2023-782 du 16 août 2023) et au plan pénal (loi n° 2022-299 du 2 mars 2022). Le ministère de l'éducation nationale subventionne à hauteur de 600 000 € au titre de l'année 2026, l'association e-Enfance qui opère la plateforme nationale de signalement 3018 et organise des séances de sensibilisation au cyberharcèlement. Pour évaluer l'efficacité des actions engagées et réajuster les moyens alloués, le ministère s'appuie sur les enquêtes de climat scolaire et le baromètre sur le harcèlement en milieu scolaire.