Le Gouvernement est pleinement conscient des enjeux liés à l'évolution des rémunérations des agents publics, en particulier des agents de catégorie C, tant en matière de pouvoir d'achat que d'attractivité des métiers de la fonction publique. La revalorisation du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) de 2,41 % au 1er juin 2026 a conduit à étendre le bénéfice de l'indemnité différentielle prévue par le décret n° 91-769 du 2 août 1991, afin de garantir aux agents publics une rémunération au moins égale au SMIC. Ce dispositif assure une protection indispensable aux agents les moins rémunérés. Il ne constitue toutefois pas une réponse durable au tassement des grilles indiciaires provoqué par les revalorisations successives du SMIC, qui réduisent les écarts de rémunération entre les premiers échelons et la portée des progressions de carrière. Le Gouvernement est également attentif aux conséquences de cette situation sur les droits à pension des fonctionnaires, dès lors que l'indemnité différentielle, contrairement au traitement indiciaire, n'est pas soumise à retenue pour pension dans leur régime de retraite principal. C'est pour répondre à ces difficultés que le ministre de l'action et des comptes publics a engagé, lors du rendez-vous salarial du 8 juillet 2026, un chantier pluriannuel de revalorisation des débuts de carrière. À l'occasion de la réunion de suivi organisée le 2 octobre 2026 avec les organisations syndicales, il a annoncé une première étape, avec la proposition de relever, dès le 1er janvier 2027, le minimum de traitement de l'indice majoré 366 à l'indice majoré 372. Cette mesure, qui concerne les trois versants de la fonction publique, s'accompagnera d'injections pérennes de points d'indice dans les premiers échelons des grilles de rémunération. Ces évolutions bénéficieront à près de 400 000 agents publics. Elles visent à réduire leur dépendance à l'indemnité différentielle, en substituant progressivement à cette indemnité du traitement indiciaire, pris en compte pour la constitution des droits à pension des fonctionnaires. Elles permettront également de mieux reconnaître la progression professionnelle et l'ancienneté. Cette première étape s'inscrit dans une démarche plus large de reconstruction progressive des grilles de rémunération, afin de redonner des perspectives d'évolution aux agents dès le début de leur carrière. Elle complète les mesures annoncées en faveur de l'amélioration des taux d'avancement de grade, de la reconnaissance de l'expérience professionnelle et de la promotion interne. Malgré un contexte budgétaire particulièrement contraint, le Gouvernement entend ainsi concentrer les moyens disponibles sur les agents les moins rémunérés et sur l'amélioration de leurs perspectives de carrière, en privilégiant des mesures pérennes permettant de renforcer progressivement l'attractivité des métiers de la fonction publique.