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🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Financement de la formation et recrutement des maîtres-nageurs sauveteurs
1 sept. 2026 •
Mathilde Hignet
• sécurité des biens et des personnes
Mme Mathilde Hignet appelle l'attention de Mme la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative sur la pénurie de maîtres-nageurs sauveteurs (MNS) et ses conséquences en matière de prévention des noyades, d'apprentissage de la natation et de sécurité des lieux de baignade. Au 23 août 2026, 301 décès par noyade auraient été recensés depuis le 19 juin. Cette situation souligne la nécessité de renforcer durablement les politiques publiques de prévention des noyades et d'apprentissage de la nage, mais également de garantir la présence de professionnels qualifiés en nombre suffisant dans les piscines et sur les lieux de baignade. La pénurie de maîtres-nageurs sauveteurs, estimée par les organisations professionnelles à plusieurs milliers de professionnels sur le territoire national, entraîne des difficultés importantes pour les collectivités et les établissements concernés. Elle peut notamment conduire à une réduction des horaires d'ouverture des piscines, à la suppression de créneaux destinés aux scolaires et aux associations, ainsi qu'à une diminution des capacités de surveillance et d'apprentissage de la natation. Dans le même temps, des demandeurs d'emploi souhaitent se former au métier de maître-nageur sauveteur, mais peuvent rencontrer des difficultés pour obtenir le financement nécessaire à leur formation, notamment au BPJEPS Activités aquatiques et de la natation (AAN), dont le coût peut représenter plusieurs milliers d'euros. Cette situation apparaît paradoxale alors que les besoins de recrutement sont importants et que France Travail identifie lui-même ce métier comme offrant des perspectives d'emploi sur l'ensemble du territoire. Les dispositifs existants de financement de la formation professionnelle, notamment l'aide individuelle à la formation (AIF) et les actions de formation conventionnées (AFC), pourraient contribuer à répondre à ces besoins, sous réserve qu'ils soient effectivement mobilisés et adaptés aux spécificités de ce parcours. Dès lors, il apparaît nécessaire de mieux coordonner les politiques de l'État, de France Travail et des régions afin que le coût de la formation ne constitue pas un obstacle à l'accès à un métier répondant à un besoin important de sécurité publique. Ainsi, elle lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre afin de renforcer et coordonner les dispositifs de financement permettant aux demandeurs d'emploi souhaitant devenir maîtres-nageurs sauveteurs d'accéder aux formations nécessaires, notamment au BPJEPS Activités aquatiques et de la natation (AAN), s'il envisage, en lien avec France Travail et les régions, de faciliter la prise en charge de ces formations lorsque celles-ci répondent à un besoin identifié de recrutement sur le territoire, et s'il entend mettre en place un dispositif spécifique ou renforcer les dispositifs existants afin de lever les freins financiers à l'entrée dans cette profession et ainsi contribuer à résorber durablement la pénurie de maîtres-nageurs sauveteurs, à maintenir les capacités d'ouverture des piscines et à renforcer la prévention des noyades.
↕️Tri
Le ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative (MSJVA) considère la tension sur l'emploi des maîtres-nageurs sauveteurs (MNS) comme un enjeu majeur de sécurité publique et de prévention des noyades. Il a engagé depuis plusieurs années une démarche structurée visant à renforcer l'attractivité du métier, faciliter l'accès aux formations et adapter les conditions d'exercice aux besoins des territoires. Cette démarche s'appuie notamment sur les états généraux de l'encadrement et de la surveillance dans la filière aquatique (EGESFA), lancés en février 2023. Un comité de suivi, réuni environ une fois par semestre, assure depuis lors la coordination des acteurs de la filière, le suivi des mesures engagées et l'identification de nouvelles actions. Le ministère a également agi sur les conditions d'exercice des surveillants-sauveteurs. C'est dans cette perspective que s'inscrit le travail conduit par le ministère de l'intérieur, avec le MSJVA et les acteurs de la filière, afin de poursuivre la rénovation de la filière de surveillance et de sauvetage aquatique. La filière connaît une évolution majeure avec la création du certificat de surveillant sauveteur aquatique (SSA). Cette nouvelle organisation, annoncée pour le 1er octobre 2026, doit progressivement prendre la suite du brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique (BNSSA). L'attractivité du métier de MNS fait également l'objet d'une action spécifique. Un plan de promotion du métier de maître-nageur sauveteur a été déployé en 2023 afin d'en améliorer l'image et l'attractivité et de favoriser à la fois le recrutement et la fidélisation des professionnels. Cette action est d'autant plus importante que le taux d'emploi des titulaires du titre de MNS atteint 87 %, l'un des meilleurs taux d'insertion observés parmi les formations du BPJEPS (brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport). L'accès aux formations est parallèlement facilité. Depuis 2022, trois diplômes supplémentaires permettent d'obtenir le titre de MNS, tandis que les certifications professionnelles font l'objet d'un travail de réécriture en blocs de compétences afin de favoriser des parcours de formation plus modulaires et plus accessibles. Une enquête consacrée aux métiers de la filière aquatique a été conduite par le ministère et ses résultats, rendus en 2025, permettent de tenir compte des besoins en compétences et des conditions d'emploi du secteur. Les formations précitées sont payantes, qu'elles soient dispensées dans un établissement public ou privé, avec des coûts variables selon leur durée et le parcours de chaque candidat. Toutefois, plusieurs dispositifs permettent d'en faciliter l'accès. Selon l'âge, le niveau d'études ou la situation professionnelle du stagiaire, des aides financières peuvent notamment être mobilisées auprès des collectivités territoriales, de France Travail ou des missions locales. Par ailleurs, la formation peut-être prise en charge dans le cadre d'un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation. Elle peut également être suivie sans frais pour les candidats admis en formation initiale sous statut étudiant, notamment en BPJEPS dans les établissements publics relevant du MSJVA, via Parcoursup, ou dans le cadre d'une formation universitaire en STAPS. Le ministère poursuit ainsi une politique globale reposant sur quatre leviers complémentaires : augmenter le nombre de professionnels formés, renforcer l'attractivité et la fidélisation du métier, favoriser une meilleure adéquation entre les compétences disponibles et les besoins des territoires et adapter l'organisation de la surveillance aux évolutions de la fréquentation des lieux de baignade et aux conditions climatiques. Ces travaux sont conduits en concertation avec les collectivités territoriales et l'ensemble des acteurs de la filière, avec pour objectif de garantir durablement la sécurité des baignades et de contribuer à la réduction des noyades.
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