Jean-Victor Castor Monsieur le ministre de l'économie, appliquer mécaniquement le dispositif des certificats d'économies d'énergie aux carburants consommés en Guyane amplifie dangereusement la crise sociale et économique que connaît déjà notre pays. L'augmentation de 27 % des obligations, dès janvier 2027, entraînera une hausse programmée du prix à la pompe ; le coût des C2E pourrait passer de 7,8 centimes à 10 ou 12 centimes par litre à court terme, et jusqu'à 27 centimes à plus long terme. En Guyane, une telle hausse n'est ni absorbable, ni acceptable. Le carburant n'est pas un produit de confort : c'est un bien de première nécessité. Il n'existe chez nous aucune alternative crédible à la mobilité thermique et chaque centime supplémentaire se répercute donc immédiatement sur le coût de la vie.
Le plus injuste, c'est que les Guyanais contribuent à un dispositif dont ils ne bénéficient pas puisque les fonds collectés financent majoritairement des opérations dans la métropole. Nous payons sans contrepartie. C'est encore une double peine !
Ma conclusion est claire : le gouvernement doit exclure la Guyane du dispositif des C2E appliqué aux carburants. Ma question l'est tout autant : est-il prêt à le faire ? Oui ou non, monsieur le ministre ?
Il est impératif d'agir pour éviter qu'une crise sociale majeure n'éclate en Guyane comme en 2008, crise précurseure de la mobilisation historique contre la vie chère de 2009 aux Antilles !