Delphine Lingemann Dans trois semaines se tiendront les élections municipales dans les 35 000 communes françaises. Ce qui devrait être un temps de respiration et de débats est parfois l'occasion de menaces et de violences contre les candidats. C'est malheureusement le signe d'une société qui peine davantage qu'auparavant à accepter les différences d'opinion.
Si nous ne décidons pas de protéger celles et ceux qui font le choix de s'engager au service des autres, alors nous risquons d'être confrontés à terme à une véritable crise de l'engagement politique. Chacun le constate sur le terrain, face à l'intensification des pressions et des violences exercées contre les candidats et les élus, les vocations se raréfient. L'exercice des mandats locaux, pourtant passionnant, devient de plus en plus exigeant, cette exigence étant parfois dissuasive.
Dans ce contexte, quelles mesures le gouvernement entend-il prendre pour mieux protéger les candidats et, au-delà, renforcer durablement l'engagement politique dans notre pays ?
Le groupe Les Démocrates a par ailleurs œuvré ces dernières années pour moderniser et renforcer notre démocratie locale. Je pense notamment à la loi visant à réformer le mode d'élection des membres du conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et de Marseille, initiée par Sylvain Maillard et dont mon collègue Jean-Paul Mattei a été le rapporteur, qui permettra aux habitants de Paris, Lyon et Marseille d'élire directement leur maire.
Je pense aussi à l'introduction du mode de scrutin de liste paritaire dans les 25 000 communes de moins de 1 000 habitants, qui concerne 9 millions de nos concitoyens. Cette loi que l'on doit à notre collègue Élodie Jacquier-Laforge et dont j'ai été rapporteure est soutenue par les associations d'élus. Elle répond à une réalité bien connue sur le terrain : celle de mécontentements individuels qui, parfois, s'expriment dans les urnes de manière ciblée.
Cette réforme entraîne un changement majeur pour nos concitoyens car la fin du panachage dans les communes concernées modifie profondément les habitudes de vote. Dans ce contexte, comment le gouvernement entend-il garantir une information claire, accessible et effective des électeurs sur ces nouvelles modalités de scrutin ?