Estelle YoussouffaMonsieur le ministre de l'intérieur, il y a quelques jours, votre préfet a lâché une petite bombe lors des assises de la sécurité et de la citoyenneté à Mayotte : les violences sur les personnes y ont augmenté de 20 % et les violences sexuelles sur les femmes et les mineurs de 75 % par rapport à l'an dernier. Face à cette explosion, il s'est avoué impuissant, sinon à court d'idées.
Cet été, lors de votre visite touristique à Mayotte, vous vous êtes bien gardé de dévoiler ces chiffres et de rencontrer les parlementaires mahorais. Pire : vous avez menti en promettant dans votre tweet du 28 août des recrutements et des déploiements humains pour la police nationale à Mayotte. Vous venez en effet de lui refuser ces renforts policiers. Vous mettez en danger les hommes et les femmes chargés de nous protéger en les laissant ainsi en situation de sous-effectif et en leur interdisant l'utilisation de flashballs alors qu'ils sont en première ligne face à une violence inouïe.
Vous nous laissez, nous, vos compatriotes mahorais, sans défense face aux barbares qui caillassent les bus scolaires, les enseignants et les forces de l'ordre, qui attaquent nos enfants dans les lycées, qui envoient des cocktails molotov et des parpaings, et tirent des tiges d'acier ou des harpons pour transpercer les véhicules.
Vous avez visité le camp illégal de la mangrove de Tsoundzou, où se massent des milliers de clandestins africains dans des conditions inhumaines. Quelles suites ? Aucune. Vous n'avez pas engagé le démantèlement de ce camp ni procédé à la moindre reconduite à la frontière de ceux qui y vivent.
Votre bilan est catastrophique : vous avez capitulé. Mayotte connaît une hausse de 20 % des violences sur les personnes et de 75 % des violences sexuelles ! Comment justifiez-vous votre salaire si vous ne faites pas le travail ? Quand remettrez-vous votre démission ?