Sébastien Saint-PasteurPour poser cette question, monsieur le premier ministre, je me suis inspiré de votre méthode : je n'ai pas vraiment préparé, pas vraiment tenter d'anticiper. Je n'ai donc pas de formule choc pour évoquer les 50 000 enfants privés d'AESH à la rentrée 2025, alors qu'ils y avaient droit – soit 34 % de plus qu'en 2024. Derrière ces enfants, il y a des parents, principalement des mères, qui réduisent ou cessent leur activité professionnelle pour pallier les défaillances de l'école inclusive.
M. le ministre de l'éducation nationale s'était engagé à communiquer ces chiffres pour la rentrée 2026. Nous les attendons toujours. Vous n'avez pas tenu parole. Votre crédibilité est pourtant importante dans le moment présent.
Pas de citation affûtée non plus pour parler des près de 10 millions d'aidants, dont beaucoup doivent chaque jour concilier leur travail et l'accompagnement d'un proche. Hier avait lieu la Journée nationale des aidants. Face à l'épuisement des familles et au vieillissement de la population, force est de constater que ce sujet n'a pas fait grand bruit malgré son importance.
Près d'un salarié en situation d'aidance sur deux s'est vu prescrire un arrêt de travail dans l'année – soit dix points de plus que l'ensemble des salariés. Vous voulez lutter contre les arrêts maladie ? Avant de soupçonner des abus, regardez du côté de l'épuisement !
Mon collègue Pierrick Courbon et moi-même avons préparé une proposition de loi pour mieux soutenir les salariés aidants. Il s'agirait d'une première étape. Mieux les soutenir, c'est leur permettre de rester dans l'emploi, prévenir l'épuisement et éviter qu'ils paient l'aide apportée à un proche au prix de leur propre santé.
Les aidants tiennent debout une part essentielle de notre solidarité. Mais jusqu'à quand pourront-ils tenir sans être eux-mêmes mieux soutenus ? Vous engagez-vous à soutenir notre proposition de loi et à permettre son inscription à l'ordre du jour ? Le sujet est d'importance.