Steevy Gustave« Nous aussi, on fait partie de la France ! » Ces mots d'une lycéenne de Guyane disent notre échec. À Mayotte, 2 300 élèves sont scolarisés au lycée du Nord, conçu pour en accueillir 900. La mobilisation y a commencé le 31 août. À Cayenne, les lycéens faisaient connaître leurs demandes dès le 7 septembre. Avant Créteil, ils avaient déjà donné l'alerte : des conditions indignes et si peu d'attention nationale ! Faut-il que la crise éclate dans l'Hexagone pour que la souffrance des outre-mer devienne visible ?
Dans les lycées de Cayenne, on trouve des sanitaires insalubres, des cantines trop chères, un bâti dont la sécurité inquiète les élèves. Dans les communes du fleuve, certains dépendent de la pirogue pour rejoindre l'école. En Martinique, il y a des enseignants absents et des journées trop longues. En Guadeloupe, des salles trop chaudes, mal ventilées.
Voilà la triple peine : grandir parmi les inégalités, étudier dans des conditions qui les aggravent et parfois, comme en Polynésie, devoir quitter son île et sa famille pour poursuivre ses études. Il faut entendre cette jeunesse et toujours la protéger.
Au Moule, en Guadeloupe, les images d'une interpellation suscitent l'indignation. Face à des mineurs, des adultes entraînés et équipés doivent maîtriser leurs gestes. La force impose la retenue. Il faut établir les faits et les responsabilités. Je condamne fermement les violences et les dégradations, mais la colère des lycéens face à leurs conditions d'études est légitime. Ce sont des enfants, nos enfants, les enfants de la République : quand ils réclament un professeur, un repas, de l'eau potable, des toilettes propres, c'est la France qui doit rendre des comptes !
Monsieur le ministre de l'éducation nationale, quel plan de rattrapage allez-vous financer pour l'éducation dans les outre-mer ? Avec quels crédits ? Dans quels délais ? Ces jeunes n'ont pas à prouver qu'ils font partie de notre pays : c'est à notre gouvernement de leur prouver que l'égalité n'est pas qu'un mot !