Anne Stambach-TerrenoirVous êtes des pyromanes. Le 3 août, la Gironde brûlait. Les flammes dévoraient la terre trop sèche, les arbres, les animaux, les maisons : un cauchemar. Pour la première fois de notre histoire, des milliers de réfugiés climatiques se retrouvaient sur les routes. Pendant ce temps-là, depuis son bureau climatisé, la préfète signait l'autorisation au projet de la société Pure Salmon. Contre l'avis des scientifiques, contre 97 % des répondants à l'enquête publique unique, vous avez dit oui à la construction de la plus grande ferme-usine à saumons du monde ! Oui à l'entassement les uns sur les autres de millions de poissons migrateurs dans des mégabassins maintenus à 15 degrés alors qu'il fait 40 dehors ; oui aux rejets polluants dans l'estuaire de la Gironde ; oui au pompage de trois piscines olympiques par jour ! Vous êtes des pyromanes.
Le 2 octobre, des températures record étaient enregistrées aux quatre coins du pays. On annonçait que 66 % de nos nappes phréatiques se trouvaient dans une situation très préoccupante, et Météo France parlait d'une sécheresse historique. Ce jour-là, madame la ministre, vous signiez en catimini une demande de dérogation pour la mégabassine interdite de Sainte-Soline. Contre l'avis des scientifiques du Conseil national de protection de la nature et sans débat public, vous avez dit oui au pompage de 630 000 mètres cubes d'eau dans nos nappes phréatiques. En mars 2023, 30 000 manifestants ont vécu l'enfer d'une répression sanglante pour empêcher cette folie. La justice leur a donné raison, mais vous, vous leur crachez à la figure !
Madame la ministre de la transition écocidaire, vous aviez démissionné. Vous êtes finalement restée après que le président vous a donné des garanties. Lesquelles, exactement ? Celles de tout détruire avant de partir ? Vous êtes des pyromanes.
En 2027, nous mettrons en place la planification écologique. Nous mettrons toute notre énergie à réparer votre saccage méticuleux du vivant. Et en attendant, vous nous trouverez vendredi à Sainte-Soline et à Niort, dimanche au Verdon-sur-Mer, et partout, toujours, aux côtés de ceux qui refusent de vous laisser faire. Aujourd'hui comme hier, no pasarán !