Romain DaubiéLe Mondial de l'automobile vient d'ouvrir ses portes. Pour les Français, la voiture est souvent un rêve : la première voiture, les départs en vacances… C'est souvent, aussi, leur seul moyen de transport, comme dans l'Ain ou dans bon nombre de zones rurales ou périurbaines. Enfin, derrière les nouveaux modèles exposés au Mondial, on trouve en France 4 000 entreprises, qui comptent 300 000 salariés.
Or, avec l'arrivée de l'électrique, l'industrie automobile est confrontée à une transformation historique. La Chine innove et subventionne massivement ses constructeurs pour conquérir nos marchés. En deux ans, les constructeurs chinois sont passés de 2 % à plus de 26 % de parts du marché européen. Les États-Unis dressent des barrières douanières, l'Inde impose des droits de douane et la Chine, des co-entreprises. Dans cette compétition mondiale, nos usines, nos emplois et nos savoir-faire sont en jeu.
Évitons les deux erreurs que seraient le repli et la naïveté. Notre ligne est simple : il faut une Europe ouverte, mais pas offerte. Une Europe ouverte aux investissements, à la production et à l'emploi mais une Europe exigeante sur le respect des règles de réciprocité. C'est l'ambition du projet de règlement européen sur l'accélération industrielle, qui vise à faire de l'Europe une terre productive. L'Europe est en mesure de faire respecter ses intérêts, non pas en taxant à la frontière, en faisant payer plus cher le consommateur et en comptant ses chômeurs, mais en apportant une part significative de production locale, comprise entre 70 % et 75 %, pour pouvoir faire appel au soutien public.
Monsieur le ministre, la France défend-elle cette ambition ? Le gouvernement se battra-t-il, ici, lors de nos débats budgétaires, ainsi qu'à Bruxelles, pour que nos voitures soient produites en France et en Europe ?