Damien GirardCe jeudi, la Fonderie de Bretagne sera placée en liquidation judiciaire : 250 emplois supprimés, une usine moderne condamnée, des savoir-faire industriels sacrifiés. Pourtant, ce désastre était évitable : il est le résultat de vos choix, et surtout de votre inaction.
Vous avez d'abord favorisé la reprise par Europlasma : malgré les nombreuses alertes, vous avez laissé faire, jusqu'à la catastrophe.
Vous n'avez utilisé aucun des leviers dont vous disposiez. L'État, qui détient 15 % du capital de Renault, aurait pu exiger des commandes garanties de la part de cette entreprise : vous n'avez rien fait. La direction générale de l'armement aurait pu favoriser une seconde source d'approvisionnement en corps d'obus : vous n'avez rien fait. À quoi bon annoncer 8,5 milliards d'euros pour France Munitions si vous laissez mourir les usines et les compétences nécessaires à notre défense ?
Il restait une dernière solution, la nationalisation provisoire, pour sauver l'outil industriel, préserver les compétences et préparer l'avenir. Là encore, vous n'avez rien fait.
Vous avez la souveraineté industrielle à la bouche en permanence, mais quand il faut agir, vous n'êtes nulle part. Vous n'avez été là ni pour Vencorex ni pour Michelin, pas plus que pour ArcelorMittal – et la liste est immense.
La disparition de ce site moderne et équipé, qui a déjà reçu des millions d'euros d'investissement, est non seulement une catastrophe, mais son abandon est une faute politique majeure dont vous portez la responsabilité. Aujourd'hui, 250 salariés et leur famille vont payer le prix de votre abandon. Vous avez échoué à sauver leur usine, vous n'avez pas le droit de les abandonner une seconde fois.
Quels moyens, quels engagements et quel calendrier pouvez-vous annoncer afin de garantir à ces 250 salariés une formation, une reconversion et un emploi industriel de qualité ?