Roland Lescure, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Nous avons tous été saisis d'effroi en découvrant cette cyberattaque qui nous a tous inquiétés car elle touche au cœur de la souveraineté alimentaire française et à la capacité de nos chaînes de distribution à fournir de la nourriture à tous nos concitoyens.
Mon collègue chargé de la consommation et du pouvoir d'achat s'est assuré que l'approvisionnement de notre pays n'était pas compromis : seuls 700 des 10 000 centres répartis sur l'ensemble du territoire ont été touchés. Ces 700 centres ont déconnecté la plateforme sur laquelle je reviendrai dans un instant, et procèdent actuellement au réapprovisionnement de leurs rayons.
Le défi majeur est celui d'une cyberattaque qui n'a pas directement visé les distributeurs, mais un de leurs fournisseurs, une entreprise danoise qui met à leur disposition une plateforme de régulation des températures. Cette situation relève de la responsabilité de l'Anssi, qui exercera ses missions de prévention, de correction, d'enquête et de sanction.
Cette attaque doit conduire chacun à prendre ses responsabilités. Une entreprise peut être parfaitement préparée, mais si ses fournisseurs ne le sont pas, elle demeure elle-même exposée. Ce rappel doit servir de réveil pour tous : chaque acteur doit veiller à ce que l'ensemble de ses partenaires, en amont comme en aval de sa chaîne de production, fassent eux aussi tout ce qui est nécessaire pour se prémunir contre les cyberattaques.
Sous l'égide du premier ministre, nous avons décidé d'investir davantage dans la protection des ministères. À terme, sans doute 10 % au moins des budgets informatiques ministériels seront consacrés à la cyberprotection. Mais c'est aujourd'hui l'affaire de tous. Chacun doit se réveiller, prendre la question à bras-le-corps et travailler dans ce sens.