Hubert OttNous demandons à nos agriculteurs de s'adapter au changement climatique, de renouveler les générations et de maintenir notre souveraineté alimentaire, mais sommes-nous capables d'adapter les règles qui les empêchent parfois d'avancer ?
Dans le village du Bonhomme, en Alsace, plusieurs jeunes souhaitent s'installer comme éleveurs de montagne. Pour rendre ces installations possibles, la commune doit rouvrir quelques hectares d'anciennes prairies, progressivement reboisées avec la déprise agricole. Or elle se heurte à une absurdité réglementaire. Elle possède déjà plusieurs hectares de terrains boisés, qu'elle souhaite mobiliser en les intégrant à son domaine forestier pour compenser chaque hectare défriché. Mais pour y être autorisée, elle doit avoir acquis ces terrains depuis moins de deux ans. Autrement dit, une commune qui possède déjà des terrains boisés, non seulement ne peut pas les utiliser, mais devrait encore acheter d'autres forêts pour pouvoir installer de jeunes agriculteurs.
Cette situation révèle de profondes contradictions, alors que derrière ce dossier se joue l'avenir de nos montagnes, l'agriculture de montagne française étant un modèle particulièrement en phase avec les attentes de notre société. Elle s'imbrique dans les écosystèmes, contribue à la biodiversité, offre un puits de carbone remarquable et renforce notre protection face aux incendies en créant du milieu ouvert. Cette agriculture répond pleinement aux exigences de la transition écologique, elle doit donc être une priorité nationale.
Nous sortons d'un été marqué par une sécheresse exceptionnelle qui a durement frappé nos agriculteurs. Or nous leur demandons de relever de grands défis, particulièrement de produire tout en protégeant. Notre responsabilité est de leur donner les moyens d'y parvenir, de simplifier plutôt que d'ajouter des obstacles aux difficultés qu'ils rencontrent déjà.
Madame la ministre, le gouvernement est-il prêt à changer la règle pour permettre aux communes de mobiliser les terrains qu'elles possèdent déjà et ainsi faciliter l'installation de ces jeunes éleveurs, dont notre montagne a grand besoin ?