Jean-Pierre BatailleMadame la ministre, après avoir exigé des collectivités un effort de 2 milliards d'euros en 2025, idem en 2026, votre gouvernement prépare un nouveau coup de rabot de 7 milliards pour 2027. Jusqu'où irez-vous ?
Les collectivités assurent 70 % de l'investissement public. Elles construisent et rénovent les équipements scolaires, sportifs, culturels, entretiennent les routes et organisent les transports publics. Elles opèrent la transition écologique, soutiennent l'activité de nos entreprises, sans compter les missions de services publics qu'elles assument, certaines au nom de l'État.
Pourtant, leur endettement ne représente que 8 % de la dette publique totale, puisqu'elles doivent voter leur budget à l'équilibre. Ce contraste entre la dette et la contribution à l'investissement aurait dû, à lui seul, empêcher votre choix. Leur retirer 7 milliards supplémentaires, c'est freiner l'investissement, fragiliser les entreprises, menacer l'emploi et, in fine, réduire les recettes de TVA. Le Haut Conseil des finances publiques anticipe déjà un recul de 4 % de l'investissement public local en 2027.
Dans les Hauts-de-France, ma région, le cumul sur trois ans représente une perte de 600 millions d'euros, soit quatre années d'investissements dans les lycées. Notre jeunesse appréciera.
Vos mesures, c'est la poursuite d'une insécurité budgétaire permanente : dotations réduites, recettes amputées, règles modifiées chaque année. Comment les nouvelles équipes municipales peuvent-elles programmer leurs investissements et voter des budgets sincères sans visibilité sur leurs ressources ?
Si le débat budgétaire devait se conclure par un 49.3, quel arbitrage retiendrez-vous dans la copie finale ? Jouerez-vous, dès à présent, la transparence sur vos intentions ? Choisirez-vous de soutenir l'investissement dans nos territoires plutôt que de fragiliser leur avenir ? Enfin, ignorerez-vous la représentation nationale, qui a rejeté l'ensemble de ces articles en commission la semaine dernière ?