Dominique PaillatMa question est le fruit d'une rencontre récente avec Sébastien, un producteur de miel de la commune de Fougeré, en Vendée. Il possède une cinquantaine de ruches, mais l'apiculture n'est pas son activité principale – il est d'abord agent territorial dans une collectivité locale –, c'est une passion, qui génère un chiffre d'affaires bien inférieur à 10 000 euros annuels. C'est un complément de revenu et Sébastien bénéficie de la franchise en base de TVA.
Cet exemple aurait pu être celui d'un producteur de fleurs, d'escargots, de fruits, de gibier ou de champignons – tant d'autres petits producteurs, que l'on retrouve dans nos marchés de proximité. Ces centaines de milliers de Français sont une part de l'identité de notre tissu rural.
Pour eux, la réforme de la facturation électronique doit s'appliquer en septembre 2027. Elle suscite de vives inquiétudes : sur les contraintes administratives, sur le temps supplémentaire, sur le choix et le coût d'une plateforme agréée. Pour beaucoup, cette complexification, qui s'ajoute aux aléas climatiques, pourrait bien être le découragement final et entraîner la fin de l'activité.
À l'heure où nous prônons la simplification, rien ne justifie qu'une activité de loisir ou d'appoint soit soumise aux mêmes obligations qu'une entreprise structurée. N'encombrons pas les services du ministère de centaines de dossiers qui n'apporteront aucun bénéfice à l'État et entraîneront une perte de temps. Nous le savons, la lutte contre la fraude à la TVA ne se joue pas là.
Monsieur le ministre, pouvez-vous envisager un seuil de dispense pour la facturation électronique, afin d'éviter une colère normative supplémentaire ?