Elsa FaucillonLa répression « sans consigne de retenue » à laquelle ils font face, les camarades mutilés ou arrêtés, ajoutent de l'indignation à la colère de ces jeunes, mais aussi de leurs parents. La jeunesse n'a pas confiance dans ce gouvernement : difficile de lui donner tort !
Depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, ce sont près de 10 000 postes de profs qui ont été supprimés. Dans le budget pour 2027, vous envisagez 1 500 nouvelles suppressions. Certes, vous avez annoncé que 3 000 professeurs remplaçants rejoindraient les établissements en situation dite problématique. Où étaient-ils avant ? Un prof de maths remplacera-t-il un prof d'histoire-géo ? Un prof d'une académie devra-t-il exercer dans une autre académie ? À force d'avoir tout cassé, quels leviers pouvez-vous encore actionner ?
Vous dites vouloir recueillir les doléances des lycéens. Comme nous, ils savent ce que sont devenus les cahiers de doléances des gilets jaunes : archivés, mis sous un couvercle – un couvercle prêt à se soulever de nouveau, samedi 17 octobre.
Votre mandat s'achève dans quelques mois. Les jeunes, comme les gilets jaunes, ne croient pas en vous. Ils demandent plus que des revendications matérielles, ils demandent un avenir. Les lycéens et les lycéennes ne veulent pas d'une école qui soit l'antichambre du Medef. Ils veulent être instruits et heureux !
Or le monde que vous leur proposez détruit leur capacité à se projeter. Cela ne vous exonère pas de vos responsabilités. Vous présentez un budget pour 2027 : au-delà du redéploiement des 3 000 remplaçants qui manqueront finalement ailleurs, apporterez-vous des réponses sérieuses, sonnantes et trébuchantes aux revendications lycéennes ou augmenterez-vous plutôt les effectifs des CRS ?