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🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Situation des betteraviers touchés par la jaunisse virale des betteraves
21 avr. 2026 •
Nicolas Dragon
• agriculture
M. Nicolas Dragon, député de l'Aisne interroge Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur la situation des betteraviers français. Depuis plusieurs jours, les betteraviers de France, en particulier ceux de l'Aisne, expriment des inquiétudes légitimes face à la forte présence de pucerons verts dans leurs champs de betteraves sucrières. Ces insectes, vecteurs de la jaunisse virale, rappellent douloureusement la crise de 2020 et ils craignent pour cette nouvelle campagne betteravière. Les températures anormalement élevées du début avril 2026 ont favorisé une arrivée précoce et massive des pucerons verts, qui peuvent causer des pertes allant jusqu'à 70 % des récoltes. La majorité des régions productrices de betteraves sont déjà affectées par cette invasion, mettant en péril la production et l'équilibre économique des exploitations, déjà fragilisées après la crise de 2020, qui avait entraîné une perte de 30 % de la récolte nationale, soit 280 millions d'euros et jusqu'à 70 % du rendement dans certaines zones. Cette situation est aggravée par l'augmentation des coûts, avec une hausse de 100 % du prix du gasoil non routier et de 20 % pour les engrais, en raison du conflit au Moyen-Orient. Alors que les semis viennent à peine de s'achever, les betteraviers doivent déjà traiter ces jeunes plants, qui n'ont que deux feuilles, plus petites qu'une pièce de deux euros. Si cette pression persiste, ils devront recommencer dans dix jours. Les betteraviers dénoncent cette situation et soulignent qu'il existe une solution technique efficace : l'utilisation de flupyradifurone en enrobage de semences. Bien que cette méthode, tout comme l'acétamipride (en aspersion), soit accessible à tous les betteraviers européens, les agriculteurs français en sont privés, ce qui nuit à leur compétitivité. Face à l'absence d'alternatives efficaces et à l'impasse technique en cas d'invasion majeure, confirmée notamment par un rapport de l'INRAE d'octobre 2025, il l'interroge sur les mesures qu'elle compte prendre pour permettre aux agriculteurs français d'accéder à tous les moyens de lutte approuvés par les autorités sanitaires européennes et nationales, utilisés par leurs homologues européens.
↕️Tri
L'arrivée printanière des pucerons dans les cultures de betteraves est un phénomène récurrent, mais néanmoins particulièrement problématique car les pucerons peuvent être vecteurs des virus responsables de la jaunisse de la betterave. Cette année, la pression des pucerons reste à ce stade inférieure à celle observée en 2020, mais elle est supérieure aux années 2021 à 2025. C'est pourquoi le suivi des recommandations de prévention est essentiel. Cela passe en particulier par la destruction des repousses de betteraves et le respect des distances d'éloignement avec les cultures qui sont des réservoirs hivernaux au virus. Le nombre de produits autorisés pour traiter les pucerons de la betterave est limité. Le ministère chargé de l'agriculture soutient le plan national de recherche et innovation pour la recherche d'alternatives et octroie des dérogations pour répondre aux situations d'urgence. Cette année, des dérogations ont ainsi été octroyées pour deux applications de produits à base de spirotétramate, ainsi que pour un nouvel insecticide à base de dimpropyridaz. De plus, deux produits de biocontrôle ont également été autorisés par dérogation : un produit qui a une action répulsive et un produit qui a une fonction insecticide. C'est par cette méthode de suivi rapproché et de réactivité immédiate que la situation a été maîtrisée en 2025, avec des niveaux de production très satisfaisants. En ce qui concerne la substance flupyradiflurone, elle est interdite d'utilisation en France depuis 2016 alors qu'elle est autorisée au niveau européen. La possibilité de lever cette interdiction a été abondamment débattue dans le cadre de la loi entraves et de nouveau dans le cadre du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (UPSA). Les parlementaires ont adopté des dispositions à l'article 6 qui permettrait à l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail d'autoriser la possibilité de déroger à l'interdiction d'utilisation de semences traitées avec de la flupyradiflurone en production de betteraves sucrières, si plusieurs conditions sont réunies. Le Conseil constitutionnel a validé la loi UPSA le 14 août 2026, entérinant de ce fait ces conditions de dérogation.
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