Depuis 2017, le « Logement d'abord » constitue l'axe central de la politique de lutte contre le sans-abrisme mise en place par le Gouvernement. Dans ce cadre, une attention toute particulière est portée aux enfants sans domicile. Avec 804 000 personnes, dont plus de 194 000 enfants, ayant accédé au logement depuis la rue ou l'hébergement depuis le 1er janvier 2018, le Logement d'abord a transformé en profondeur le système de prise en charge des personnes sans domicile, qui sont dorénavant orientées en priorité directement vers le logement. Pour répondre aux situations de crise et d'urgence, des solutions d'hébergement sont proposés aux publics les plus vulnérables, parmi lesquels les mineurs, qui représentent 29 % de la demande d'hébergement d'urgence. Au plan national, le parc d'hébergement a atteint un niveau historique de 203 000 places, ouvertes chaque soir pour assurer la mise à l'abri des personnes sans domicile. Les mineurs constituent le public prioritaire des orientations réalisées par le 115 dans le cadre des missions du service intégré d'accueil et d'orientation (SIAO), en raison de leur particulière vulnérabilité et des impératifs de protection qui s'y attachent. Tous types de structures d'hébergement confondus, 70 000 enfants sont hébergés chaque nuit, soit le tiers des personnes hébergées, pour un financement d'environ 785 M€ en 2025. Dans le Bas-Rhin, la situation des enfants à la rue fait l'objet d'une attention soutenue. Chaque signalement est analysé sous l'égide de la préfecture de département, en lien étroit avec le rectorat, la direction départementale de l'emploi du travail et des solidarités, la direction territoriale de l'office français de l'immigration et de l'intégration et le SIAO. En fonction de la situation sociale et administrative des familles, des solutions sont ensuite proposées, majoritairement vers des places d'insertion ou de préparation à l'aide au retour. Pour autant, d'autres dispositifs peuvent aussi prendre le relais, notamment les places relevant de la collectivité européenne d'Alsace au titre de sa compétence en matière de protection de l'enfance ou celles ouvertes par l'Eurométropole de Strasbourg. Ces efforts conjoints n'empêchent pas la résurgence régulière de campements, qui peuvent notamment comprendre des familles avec enfants. Pour mesurer l'évolution de ces sites et des situations à la rue, des recensements sont régulièrement réalisés et des maraudes sont mobilisées chaque soir. En 2026, l'État finance plus de 14 000 places d'hébergement chaque soir pour un montant annuel de plus de 97 M€ dans le département. Par ailleurs, une transformation du parc d'hébergement d'urgence du Bas-Rhin a été engagée en 2025 afin d'améliorer la qualité de l'accompagnement proposé et de mieux adapter les modalités de prise en charge à la situation sociale et administrative des personnes accueillies. Cette réorganisation vise à renforcer la fluidité des parcours, à accélérer la stabilisation de situations parfois figées depuis de nombreuses années et à accroître les capacités d'intervention au bénéfice des personnes les plus vulnérables, en particulier des enfants.