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🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Invasion de pucerons dans les cultures de betteraves sucrières
12 mai 2026 •
Antoine Golliot
• agriculture
M. Antoine Golliot attire l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur l'invasion massive de pucerons affectant les cultures de betteraves sucrières. Cette situation menace gravement la récolte 2026 et l'ensemble de la filière betteravière française. En 2020, un phénomène comparable a entraîné des pertes de rendement allant jusqu'à 70 %. À ce stade de leur développement, les betteraves sont particulièrement vulnérables, tandis que les solutions autorisées en France apparaissent insuffisantes. Dans le même temps, les producteurs des autres pays européens disposent de semences enrobées à base de flupyradifurone, offrant une protection efficace en début de cycle, dont ne bénéficient pas les agriculteurs français, créant ainsi une situation de concurrence déloyale. Face à l'urgence de la situation, il lui demande si le Gouvernement envisage d'accorder sans délai des dérogations temporaires permettant des traitements supplémentaires pour la campagne 2026 et s'il entend faire évoluer le cadre législatif afin de permettre, de manière ciblée et encadrée, l'usage de solutions telles que la flupyradifurone ou l'acétamipride, afin de garantir la compétitivité et la pérennité de la filière betteravière.
↕️Tri
L'arrivée printanière des pucerons dans les cultures de betteraves est un phénomène récurrent, mais néanmoins particulièrement problématique car les pucerons peuvent être vecteurs des virus responsables de la jaunisse de la betterave. Cette année, la pression des pucerons reste à ce stade inférieure à celle observée en 2020, mais elle est supérieure aux années 2021 à 2025. C'est pourquoi le suivi des recommandations de prévention est essentiel. Cela passe en particulier par la destruction des repousses de betteraves et le respect des distances d'éloignement avec les cultures qui sont des réservoirs hivernaux au virus. Le nombre de produits autorisés pour traiter les pucerons de la betterave est limité. Le ministère chargé de l'agriculture soutient le plan national de recherche et innovation pour la recherche d'alternatives et octroie des dérogations pour répondre aux situations d'urgence. Cette année, des dérogations ont ainsi été octroyées pour deux applications de produits à base de spirotétramate, ainsi que pour un nouvel insecticide à base de dimpropyridaz. De plus, deux produits de biocontrôle ont également été autorisés par dérogation : un produit qui a une action répulsive et un produit qui a une fonction insecticide. C'est par cette méthode de suivi rapproché et de réactivité immédiate que la situation a été maîtrisée en 2025, avec des niveaux de production très satisfaisants. En ce qui concerne la substance flupyradiflurone, elle est interdite d'utilisation en France depuis 2016 alors qu'elle est autorisée au niveau européen. La possibilité de lever cette interdiction a été abondamment débattue dans le cadre de la loi entraves et de nouveau dans le cadre du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (UPSA). Les parlementaires ont adopté des dispositions à l'article 6 qui permettrait à l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail d'autoriser la possibilité de déroger à l'interdiction d'utilisation de semences traitées avec de la flupyradiflurone en production de betteraves sucrières, si plusieurs conditions sont réunies. Le Conseil constitutionnel a validé la loi UPSA le 14 août 2026, entérinant de ce fait ces conditions de dérogation.
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